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Les libéraux devront demeurer prudents même s'ils partent favoris

Presse Canadienne Article mis en ligne le 5 novembre 2008 à 0:00
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QUEBEC - Le chef libéral Jean Charest sera favorisé si le thème économique domine la campagne mais il devra néanmoins naviguer avec précaution au cours des prochaines semaines car la fenêtre électorale dont il dispose pourrait se refermer sur ses doigts, estiment des politologues.
La volatilité des marchés boursiers et de l'électorat sont des inconnues qui pourraient venir compliquer la campagne libérale de M. Charest, qui réclame un mandat majoritaire à cause des incertitudes entourant l'économie.
Pour Réjean Pelletier, du département de sciences politiques de l'Université Laval, le chef libéral part avantagé par le thème de l'économie, qui domine l'actualité depuis plusieurs semaines.
M. Charest, qui a récemment atteint de sommets de popularité, donnera d'ailleurs le ton en présentant, jeudi, son plan pour "protéger la sécurité économique" devant les chambres de commerce de Québec et Montréal.
"Pour les libéraux, d'une façon générale, le thème de l'économie est plus porteur que de discuter de Constitution ou de réformes politiques et même de questions d'identité québécoise, a dit M. Pelletier en entrevue. Ils n'aiment pas être coincés dans ces domaines-là parce qu'ils n'apparaissent pas nécessairement comme les meilleurs pour défendre l'identité québécoise, même s'ils sont intervenus pour court-circuiter les partis d'opposition sur ce terrain lors de la campagne fédérale."
Même si les libéraux, en tête dans les sondages, amorcent la campagne sur un thème qui les favorise, ils ne sont pas à l'abri des surprises que les marchés boursiers pourraient leur réserver d'ici le jour du vote le 8 décembre, a affirmé M. Pelletier.
"Ils ne contrôlent pas ce qui va se passer sur le plan économique, a-t-il dit. On voit que chaque jour qu'il y a des soubresauts. Ca monte, ça descend à la bourse."
En ce sens, les libéraux espèrent profiter d'une fenêtre électorale qui les avantage, cet automne, avant que l'impact de la crise financière, qui affecte surtout les investisseurs et les marchés boursiers actuellement, ne se fasse sentir dans l'économie québécoise.
"S'ils y vont actuellement c'est parce qu'ils craignent que ce soit pire au printemps sur le plan économique", estime M. Pelletier.
Jean-Herman Guay, politologue de l'Université de Sherbrooke, croit lui aussi que le thème de l'économie est "gagnant", pour les libéraux. Il s'attend à ce que M. Charest le développe autour de ses projets de libre-échange de la main-d'oeuvre, d'investissements dans les infrastructures et de développement du nord québécois.
"Le Grand Nord a été un élément clé de son discours lors du dernier conseil général des libéraux et ça positionne le PLQ comme le parti qui va provoquer, permettre, faciliter et même propulser le développement économique du Québec dans une période de tourmente et même au-delà de la tourmente, a dit M. Guay lors d'une entrevue la semaine dernière. Avec tous ces thèmes-là, il pourrait marquer des points par rapport à ses deux adversaires."
M. Guay ne croit pas pour autant que les libéraux voguent vers une réélection facile, principalement à cause de la volatilité de l'électorat constatée au cours des dernières années, tant au provincial qu'au fédéral.
Le chef conservateur Stephen Harper l'a d'ailleurs éprouvé, cet automne sur la scène fédérale, alors qu'il n'a réussi qu'à faire réélire un gouvernement minoritaire même si des sondages, en début de campagne, le plaçaient en position majoritaire - comme c'est le cas actuellement pour M. Charest.
Des variations importantes ont aussi été constatées lors des dernières campagnes provinciales de 2003 et 2007 et il ne faut pas exclure la possibilité d'un revirement à cause d'un thème secondaire ou d'un élément accessoire, a dit M. Guay.
Le politologue note que cette volatilité est accentuée par l'impasse du débat souveraineté-fédéralisme, qui crée une nouvelle dynamique.
"On dirait que l'électorat ne s'est pas encore cristallisé sur des enjeux qui renvoient plus à la gauche et la droite, a-t-il dit. Les gens n'ont pas encore fait leur lit et ne sont pas habitués à ce type de débat."
Selon Réjean Pelletier, le chef libéral mènera une campagne prudente, évitant les gestes qui peuvent déplaire à l'électorat, une stratégie qui lui a permis de remonter dans les sondages depuis son élection en position minoritaire, en mars 2007.
"Jusqu'à sa réélection éventuelle, c'est comme ça qu'il va agir", a-t-il dit, ajoutant toutefois que les libéraux ne sont pas à l'abri de faux-pas.
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