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Les opinions divergent sur la nomination du Canadien Tooryalai Wesa à Kandahar

Presse Canadienne Article mis en ligne le 19 décembre 2008 à 1:00
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KANDAHAR, Afghanistan - Tooryalai Wesa, un universitaire canadien de 58 ans qui avait fui l'Afghanistan en 1991 aux derniers jours de l'occupation soviétique, doit être assermenté ce samedi au poste de gouverneur de la province de Kandahar.
Le gouverneur de Kandahar est généralement considéré comme le principal allié du Canada dans cette province où la majorité des quelque 2750 soldats canadiens est stationnée depuis presque trois ans.
Et bien que l'idée de désigner un ancien résident de Kandahar pour occuper de telles fonctions semble indiquée, cette situation pourrait bien causer plus de tort que de bien, a affirmé "Pasha", un traducteur travaillant pour les Forces armées canadiennes, en entrevue à La Presse Canadienne. Selon lui, les rivalités tribales de la région pourraient bien l'emporter sur la bonne volonté de M. Wesa.
D'autres gouverneurs originaires de la province de Kandahar - Gul Agha Sherzai, par exemple, qui a occupé cette fonction de 1992 à 1994 - sont entrés en conflit avec les dirigeants des zones tribales, a fait remarquer Pasha. Tooryalai Wesa pourrait bien vivre la même situation, a-t-il ajouté. "L'histoire démontre que le gouverneur de Kandahar devrait toujours provenir de l'extérieur de cette province."
Même les liens entre M. Wesa et le Canada, bien qu'ils puissent constituer un atout dans certains cas, pourraient s'avérer être un handicap pour le prochain gouverneur de Kandahar, a ajouté Pasha.
"Nous verrons s'il sera capable de gagner la confiance de tous les résidents de Kandahar, ce dont je doute énormément, puisqu'il est originaire de cette province et qu'il appartient à l'une des tribus de Kandahar", a estimé le traducteur. D'après lui, les différentes tribus continueront à se méfier les unes des autres, en raison des expériences vécues par le passé.
Opinion moins tranchée d'Abdul Salehzai, un coordonnateur de programmes communautaires de Burnaby, en banlieue de Vancouver, qui a connu M. Wesa par l'entremise de la communauté afghane locale. M. Salehzai estime, lui, que la nomination de M. Wesa apportera du bon et du mauvais.
Certaines personnes - celles qui ont des intérêts dans la province, qui l'ont gouvernée - considéreront M. Wesa comme un étranger si jamais leurs intérêts sont en jeu ou si leur autorité est contestée, a-t-il d'abord fait valoir.
Mais d'autres - celles qui en ont assez des seigneurs de guerre, de l'ancien système et de la corruption des autorités - accueilleront favorablement l'arrivée de M. Wesa. Elles le considéreront comme un homme intègre, instruit et qui a vécu en Occident, a nuancé M. Salehzai.
Né à Kandahar en 1950, M. Wesa a complété un baccalauréat à l'université de Kandahar durant les années 1970. Sept ans plus tard, il complétait une maîtrise à l'université de Nebraska-Lincoln. Il a fui l'Afghanistan en 1991 avec sa femme et leurs trois jeunes filles, pour finalement s'installer en Colombie-Britannique.
M. Wesa est le fondateur et premier chancelier de l'université de Kandahar. Il parle couramment le pachtou, le dari, le persan et l'anglais, en plus de parler aussi l'allemand et l'arabe.
Il a en outre enseigné à l'université de Kandahar et a été conseiller pour le gouvernement afghan et les Nations unies, notamment.
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