Drôle de voisinage
Après Le malade imaginaire de Molière au printemps dernier, la Compagnie de Théâtre Bellevue se tourne vers un autre classique du répertoire comique: Les Voisins, écrit par Claude Meunier et Louis Saia, en 1980. Un petit bijou de pièce qui fait un pied de nez au ridicule et à la futilité de nos comportements de banlieusards. Un incontournable à voir ou à revoir!
Lorsque je les ai visités lundi soir dernier, ils étaient en pratique, un peu moins d’un mois avant le soir de la première. Une simple répétition, mais déjà, le ton était donné. La pièce? Les Voisins. Le genre? Une comédie. Le mot d’ordre: avoir du plaisir! Trois contraintes — si elles en sont — auxquelles les huit comédiens [quatre gars, quatre filles] de la Compagnie de Théâtre Bellevue ont accepté volontiers de se plier. Ne serait-ce que pour le plaisir de se glisser, le temps de quelques représentations, dans la peau des personnages tout aussi typés que colorés, imaginés par deux géants de l’humour québécois.
Des voisins gonflables
«Il y a d’abord Bernard et Jeannine, puis Georges et Laurette et Fernand et Luce; les trois couples autour desquels est construite cette comédie de situation», raconte José Malette, un comédien issu de l’École Nationale de Théâtre, qui évolue dans le milieu depuis dix-sept ans et signe, ici, sa quatrième mise en scène pour la Compagnie de Théâtre Bellevue. «Ces trois couples d’amis habitent côte à côte dans leur petit coin de banlieue et n’ont, mises à part leurs discussions insignifiantes à propos de vidanges, de parterres, de voitures et de gadgets de toutes sortes, pas grand-chose à dire! Ce sont des voisins gonflables, jaloux les uns des autres, dont les vies sont basées sur la loi du confort et de l’indifférence et sur la culture des centres d’achat», ajoute le metteur en scène.
L’absurdité des rapports humains
Des banlieusards dans la quarantaine donc, davantage préoccupés par la haie qui les sépare de la maison d’à côté, que par la solitude et le vide qui peuplent leurs existences d’adultes gâtés. «C’est une pièce où il y a beaucoup de silences et où on sent bien le mal de vivre qui se cache derrière les répliques insipides. Meunier et Saia ont tellement été loin dans le traitement de l’absurdité des rapports humains… C’est léger et comique, mais ô combien intelligent, car les mots sont justes, choisis et d’une telle efficacité!», termine le metteur en scène.
La Compagnie de Théâtre Bellevue présentera Les Voisins les 25 et 26 mai, de même que les 1er et 2 juin, à 20h, au Théâtre Casgrain du Collège John Abbot, situé au 21 275, chemin Lakeshore, à Ste-Anne-de-Bellevue. Une représentation se tiendra aussi le 3 juin, à 15h. Sur chaque billet vendu, 2 $ sera remis à la Fondation des soins de santé de Vaudreuil-Soulanges. Infos: 514 425-0941 ou 514 457-9007.
Photo: Jacques Pharand