Deux anciens élèves d’ici passent de l’école à la prison
Les frères Kohail risquent la décapitation en Arabie Saoudite
Les frères Mohamed et Sultan Kohail, qui ont vécu à Dollard-Des Ormeaux, ont été arrêtés en Arabie Saoudite après une bagarre à l’école qui a fait un mort, il y a quatre mois. Ils risquent la décapitation pour ce crime, qu’ils disent ne pas avoir commis.
«Ils auraient mieux fait de rester ici, car la justice est arbitraire en Arabie Saoudite», laisse tomber Anne Sainte-Marie, responsable des communications pour Amnistie internationale.
Cette dernière s’inquiète du sort qui attend les deux jeunes hommes. «Ils peuvent rester en prison encore longtemps avant d’être libérés ou décapités», estime-t-elle, citant en exemple le cas du Canadien William Sampson, qui a été relâché après avoir passé trois ans dans une prison en Arabie Saoudite.
Système corrompu
Les deux frères d’origine palestinienne ont regagné l’Arabie Saoudite l’an dernier avec leur famille, mais leur retour a tourné au cauchemar. Ils luttent pour leur vie, car la décapitation est pratique courante en Arabie Saoudite pour les criminels accusés de meurtre. «Pour s’en sortir, ils peuvent être graciés par le roi ou recevoir le pardon de la famille de la victime, en échange d’argent», explique Mme Sainte-Marie.
Elle estime qu’ils servent de bouc-émissaires dans cette affaire. Mohamed, âgé de 22 ans, qui a déjà fréquenté l’école pour adultes Place-Cartier à Beaconsfield, était à l’hôpital quand les policiers l’ont arrêté le 13 janvier. Il est détenu depuis ce temps. Son frère Sultan, âgé de 16 ans, a été placé dans un centre pour mineurs.
Dénoncer les violations
Amnistie internationale dénonce depuis des années les violations des droits humains par l’Arabie Saoudite, entre autres, concernant les enfants, les châtiments corporels, les faux aveux obtenus sous la torture, les procès inéquitables et la discrimination envers les travailleurs migrants et les femmes.
«J’encourage la population à écrire au gouvernement canadien, afin d’exercer une pression populaire, car la situation est embêtante autant pour le Canada que pour l’Arabie Saoudite, soutient Anne Sainte-Marie. Mais il se fait tard et j’ai bien peur que les Canadiens paient pour les compromis faits au nom du commerce entre les deux pays», conclut-elle.