Andrew Karrigan était plutôt surpris d'être le récipiendaire d'une bourse de 6000 dollars pour aller étudier le design à Toronto.
Photo: Jacques Pharand
Quand l'habit fait le moine
Une bourse importante pour un jeune designer de Pointe-Claire
Lorsque le jeune Andrew Karrigan fera sa demande pour poursuivre ses études en design de mode à l'Université de Ryerson àToronto, il partira avec une longueur d'avance sur les autres. C'est que la Fondation de la mode de Montréal lui offre une bourse de 6000 dollars afin de pouvoir réaliser son rêve.
C'est presque par accident, que cet élève finissant du collège LaSalle a découvert sa passion! «J'étais dans le programme de théâtre à John-Abbott [le volet production]. Cette expérience m'a beaucoup inspiré. Même que j'aimerais peut-être effectuer un retour vers le théâtre et la création de costume, à long terme», explique Andrew Karrigan. Cette expérience l'a surtout amené vers l'écodesign, lorsqu'il a donné un coup de main à Geneviève Genest, une amie qui démarrait sa boîte de vêtements recyclés, à Montréal. À partir de ce moment, la voie était tracée.
Écodesign?
C'est une façon de créer qui tient compte de l'impact du vêtement sur l'environnement. «La production de textile est très polluante. Par exemple, l'industrie de la culture du coton est très polluante et utilise des tonnes de pesticides et de fertilisants. Tous ces produits se retrouvent dans l'eau», explique monsieur Karrigan. D'où l'importance du coton biologique ou de l'utilisation de vêtements recyclés. Cette façon de faire est au cœur de l'approche prônée par le jeune Andrew Karrigan. Il enseigne d'ailleurs une fois semaine des techniques de couture pour recycler les garde-robes. Les cours sont offerts au public à la Gaillarde, la boutique madame Genest.
Hors des sentiers battus
Au collège LaSalle, Andrew Karrigan a choisi l'option mode masculine. «J'aime beaucoup la structure plus élégante et plus simple du vêtement masculin», explique-t-il. En mode, cette voie est beaucoup moins populaire auprès des étudiants que son pendant féminin. Dans la classe de monsieur Karrigan, ils étaient six à avoir choisi cette option, pour environ 140 en mode féminine. Une quinzaine des personnes étudiaient le costume. «Il y a plus d'opportunités dans ce domaine parce qu'il y a moins d'étudiants», affirme-t-il. Selon lui, Montréal est une ville de mode tout à fait respectable, et il n'a pas peur de manquer de travail. Il faut dire que de grandes compagnies, comme La Senza, se sont établies ici. «Il y a aussi quelques designers plus reconnus qui travaillent à Montréal», remarque-t-il.
Photo: Jacques Pharand
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