Lettre à l'éditrice
Permettez-moi de présenter un petit rapport, ainsi qu'une suggestion en reliant la lettre à l'éditeur «Lettre d'appui au Budget 2007-2008» parue le 3 juin dans Cités Nouvelles et écrite par les membres de l'Assemblée Nationale Yolande James, Geoffrey Kelley et Pierre Marsan, avec votre article «Propos embarrassants sur 'Facebook'» paru le 20 mai.
L’article traitait de la cyber-délinquance de quelques élèves de l’école secondaire St-Thomas, qui ont écrit des commentaires diffamatoires, racistes et sexistes à propos de plusieurs de leurs enseignants sur le populaire site Internet Facebook. Cette histoire fut rapportée dans les médias anglophones et francophones de partout au Canada.
Les enseignants étaient, et avec raison, profondément blessés non seulement par les agissements de leurs élèves, mais aussi par le manque de compréhension et de prévoyance de l'administration de l'école ainsi que par le manque de soutien de la commission scolaire. Ils ont donc décidé d'assister au conseil des commissaires de la commission scolaire Lester B. Pearson (LBP) du 28 mai dernier dans l'espoir de faire changer les choses.
Trois autres professeurs à la retraite et moi avons rejoint les quelques cinquante enseignants qui ont assisté à la rencontre. Serge Laurendeau, président du syndicat des enseignants de LBP, a expliqué la situation et fait un discours inspiré dans lequel il a défini les problématiques, la piètre façon dont la situation a été gérée et les sérieuses répercussions que de tels comportements étudiants auront sur le métier d'enseignant et sur la gestion de tels évènements dans toutes les écoles.
Le président de la commission scolaire LBP, Marcus Tabachnik, a de son côté fait quelques remarques qui, au lieu d'améliorer la situation, l'ont aggravée.
Il a mentionné que la liberté d'expression entrait en jeu, et que selon lui, ce n'était pas encore un problème pour la commission scolaire. (Les enseignants avaient demandé, pour le bien de tous, que les principaux délinquants de l’école secondaire St-Thomas soient transférés.)
Une enseignante de l’école a alors affirmé que les remarques faites précédemment par le président avaient contribué au manque de respect de la communauté envers les professeurs. (Il y a environ un an, durant le conflit entre le gouvernement et les enseignants concernant leur contrat de travail, M. Tabachnik avait publiquement dit qu'il avait honte et qu'il était gêné par les enseignants qui avaient cessé d'effectuer des tâches parascolaires dans leur temps libre.)
Quoi qu'il en soit, les enseignants ont quitté la rencontre complètement exaspérés. Plutôt que d'améliorer la situation, le président avait intensifié le problème.
Il est important de noter qu'aucun autre commissaire élu de façon démocratique n'a fait de commentaire lors de la rencontre. De plus, avant cette rencontre, M. Tabachnik avait dit aux médias qu'il était satisfait de la manière dont l'école avait géré la situation et il a dit que les sanctions imposées aux élèves étaient "adéquates"
Le lendemain, le président Tabachnik a envoyé une lettre ouverte aux professeurs de St-Thomas qui expliquait qu’il fallait tourner la page et mettre un terme à cette histoire.
Deux jours plus tard, un autre acte de cyber-délinquance sur "Facebook" ciblait une enseignante de l’école secondaire Rosemont de la commission scolaire English-Montreal. L'édition du 2 juin de La Gazette a intitulé son article " Page focuses on teacher’s derriere" (Le site met l’accent sur le derrière d’une enseignante). La page n'est donc pas prête d'être tournée.
La cyber-délinquance est semblable à une invasion de domicile. Il est de notre responsabilité, en tant qu'adultes, de prendre les choses en main et d'agir.
Il apparaît clair que le cyber-harcèlement (cyber-bullying) des enseignants par les élèves ne cessera pas tant qu'une réforme ou un ajout de loi ne sera fait. Peut-être que des amendements sont nécessaires soit dans la loi sur l'éducation ou dans la charte des droits du Québec, ou alors dans la section harcèlement du code du travail de juin 2004. Je ne sais vraiment pas.
Je sais toutefois que la dernière journée de la session de l'Assemblée Nationale est le 22 juin.
Le territoire de la commission scolaire LBP inclue les districts des députés de l'AN mentionnés plus haut (qui ont d'ailleurs aussi joué un rôle dans la récente publication de «Ressource Jeunesse» pour parents et adolescents). Peut-être pourraient-ils parler au Premier Ministre Charest pour qu'il dise ou fasse quelque chose.
Je suis sûre que la chef Pauline Marois et le chef Mario Dumont seraient prêts à s'unir avec lui pour régler ce problème qui touche nos jeunes.
Et le prix? Zéro dollar.
Chris Eustace