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Clubs de yacht qui font des vagues

Alexandre Gauthier par Alexandre Gauthier
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Article mis en ligne le 22 juin 2007 à 17:14
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Clubs de yacht qui font des vagues
Le fait que les frais de rénovations effectuées sur cette bâtisse, qui sert de chalet d'accueil au Club de yacht de Beaconsfield, soient assumés par la Ville suscite un débat dans la communauté. Photo: Jacques Pharand
Clubs de yacht qui font des vagues
On pouvait sentir venir la houle depuis que la Ville de Beaconsfield a décidé de restaurer le chalet d'accueil du Club de yacht de Beaconsfield, au coût de 767 000$, l'an dernier. L'Association des citoyens s'oppose à ce que les résidants financent les clubs privés de yacht à même leurs taxes, suscitant un débat qui fait des vagues dans la communauté.
Au cœur de la tempête, une question surgit: qui doit payer pour les édifices municipaux qui sont gérés par des clubs de yacht? «C'est inacceptable que la Ville utilise les fonds publics, par exemple pour payer les rénovations et l'entretien des chalets d'accueil, alors que les clubs de Beaconsfield et celui de Lord Reading ont des membres qui ne sont pas d'ici», argumente Karin Essen, présidente de l'Association des citoyens de Beaconsfield.

Le maire Bob Benedetti estime plutôt que l'entretien et les rénovations incombent à la Ville, qui est propriétaire des chalets. «Cela fait partie des conditions de vente des terrains des clubs de yacht que nous devons respecter. Parce qu'on a pu les obtenir à une fraction de leur valeur, le contrat permettait en échange à ces clubs de continuer leurs opérations dans les chalets d'accueil», explique-t-il pour éclaircir la situation.

M. Benedetti ajoute qu'il faudra attendre à la fin du contrat, en 2018, avant de décider de renouveler le contrat ou défaire les clubs de yachts et créer une plage, car la Ville pourra alors aménager les terrains comme elle l'entend.
Question d'accessibilité et de revenu
Pendant ce temps, Mme Essen estime que la Ville aura effectué plusieurs dépenses pour les clubs de yacht, sans en tirer un sou. «Ces clubs ne paient aucune taxe, car ils ont cédé leurs terrains à la Ville, mais ils ne paient aucun loyer non plus, alors qu'ils occupent les chalets d'accueil. Pourquoi n'augmentent-ils pas les frais de leurs membres, afin de payer un loyer à la Ville et ainsi réduire le fardeau des résidants?», s'interroge-t-elle.
Le maire Benedetti a répété qu'il doit suivre l'entente signée entre la Ville et les clubs. Il précise toutefois que les résidants ont accès au chalet, peuvent le visiter et se promener aux alentours, comme faire un pique-nique, mais qu'il leur est interdit d'aller sur les quais pour une question d'assurance qui protège seulement les membres des clubs de yacht.

Pourtant, la Ville a réussi à améliorer le contrat cette année. «Nous avons convenu de rendre accessible au public la rampe de lancement des bateaux au Club de yacht Lord Reading, ainsi que le stationnement, tout en partageant à 50% les revenus des permis de saison de 100$ pour cette utilisation», révèle M. Benedetti.
Coûteux et non subventionné
L'Association des citoyens soutient que la Ville a payé trop cher la réparation du toit du chalet d'accueil du Club de Beaconsfield, «presque deux fois le prix de l'évaluation de la bâtisse» selon Mme Essen. Le maire répond que le toit était à refaire complètement en raison de problème de structure et que cela a donc nécessité des travaux de maçonnerie et de fenestration, ce qui explique l'augmentation des coûts.
Karin Essen se demande aussi pourquoi la municipalité n'a pas obtenu de subvention pour effectuer les travaux à ce chalet, qui est un vieil édifice. «Contrairement à l'église de Pointe-Claire, le chalet d'accueil ne fait pas partie de la vingtaine des monuments nationaux désignés par Québec, condition pour recevoir une subvention. Comme on évalue que l'édifice du chalet fait partie du patrimoine de la Ville, nous avons décidé de le conserver au lieu de le démolir», explique le maire Bob Benedetti.
D'autres dépenses à venir
La présidente de l'Association des citoyens de Beaconsfield souligne que la Ville prévoit d'autres dépenses concernant les clubs de yacht. «Il y a un million $ de prévu dans le programme d'immobilisations (PTI) de la Ville pour 2007 et 2008 à ce sujet», précise Mme Essen.
Le maire Benedetti spécifie qu'une dépense potentielle, variant de 300 000$ à 400 000$, est envisagée l'an prochain pour construire un mur de rétention d'eau au Club de yacht Lord Reading et qu'un architecte paysagiste avait été engagé pour développer ce projet.

«On cherche à établir un plan d'action qui serait prêt en 2008 pour obtenir du financement des paliers de gouvernement. En attendant, on ne prévoit utiliser qu'un seul des deux montants de 500 000$ prévus dans le PTI à cette fin, l'autre pouvant servir à d'autres projets souhaités, comme le développement de parcs», soutient-il.

Karin Essen a déposé au conseil municipal du 18 juin, une liste de questions, dont une sur le coût annuel d'entretien aux clubs de yacht. «Nous défrayons en moyenne entre 30 000$ et 50 000$ en frais d'entretien pour les deux clubs, sur un budget de la Ville qui atteint 20 millions $», répond le maire. Ce dernier estime qu'il s'agit là d'un coût minime pour investir dans le futur de la Ville.

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