La nécessité des commissions scolaires remise en question
Les traditionnels «Scottish Highland Games», qui ont récemment eu lieu à Pierrefonds, rappelle la très novatrice loi sur l'engagement parental, instaurée le 1er août 2007 par les écoles écossaises.
Le projet de loi fut bâti sur des recherches longitudinales démontrant que l'engagement du parent dans l'éducation de l'enfant était un facteur clé pour que ce dernier réussisse dans la vie. La loi déclare que le processus de décision est du ressort de l'école, mais que les autorités scolaires doivent écouter et donner des réponses appropriées aux conseils de parents.
Retournons au Québec. Moyennant 8 millions de dollars, il y aura des élections à la commission scolaire le 4 novembre. Se rendant compte que l'opposition officielle, Mario Dumont et l'Action démocratique du Québec, demande l'abolition des commissions scolaires pour permettre aux écoles d'être autonomes, les commissions sont en panique. Elles sont prêtes à tout essayer pour sauver leurs institutions anachroniques.
Pensons-y : la commission scolaire de Montréal est prête à engager un ombudsman le mois prochain à un salaire de 100 000 $, la commission scolaire anglophone de Montréal veut engager des experts en organisation et, dans son dernier communiqué de presse, la commission scolaire Lester B. Pearson ajoutait 250 000 $ provenant des surplus des années précédentes pour financer l'élection.
Je me suis également remémoré la longue lettre d'opinion émise dans La Gazette du 9 juin dernier, écrite par les huit présidents de l'association des commissions scolaires anglophones de Montréal. En gros, la lettre était un appel à l'aide pour justifier l'existence des commissions scolaires. Ils souhaitent que le gouvernement et les médias s'impliquent davantage, ce qui est bien.
Quoi qu'il en soit, entre autres questions, ils demandent: «Qu'est-ce qui devrait être fait, par qui, comment et quand devrons-nous moderniser et revitaliser le système universel des commissions scolaires?»
Il y a en effet une crise de confiance envers l'administration des écoles par les commissions scolaires. La population est de plus en plus désillusionnée face à la performance des commissions scolaires. Plus tôt cette année, les parents d'une école secondaire du secteur de la commission Lester B. Pearson ont jugé que les consultations étaient des exercices futiles.
Puisque les vrais démocrates sont prêts à réduire leur propre autorité pour promouvoir l'impartialité et la responsabilité, peut-être que cette ébauche pourrait aider:
- Réduire le nombre de commissions scolaires de moitié (les commissions scolaires du district de Toronto ont 550 écoles avec 22 commissaires; les commissions anglophones du Québec ont 325 écoles avec 186 commissaires. Aussi, une telle réduction serait bénéfique pour les coffres du gouvernement).
- Donner le droit de vote aux parents commissaires (qui sont élus par le comité parental central).
- Inclure (et possiblement nommer) des gens qui savent comment fonctionnent les écoles, tels du personnel de support à la retraite ou à l'emploi, des gardiens, professionnels de l'enseignement, travailleurs sociaux, etc.
- Laisser l'éducation être examinée de près par les partis d'opposition comme tous les autres services provinciaux (les commissions scolaires ne devraient pas avoir la permission de contourner la loi sans consensus préalable).
- Limiter les mandats à deux ans. Cela laisse assez de temps aux commissions pour fournir la preuve qu'elles font des choses que les écoles indépendantes ne peuvent pas réaliser.
De plus, le monde politique peut changer d'ici là. Gardons en tête que l'ADQ veut abolir les commissions pour injecter davantage de fonds directement dans les classes au lieu de fournir des fonds pour créer davantage de bureaucratie, qui serait «au détriment des services fournis aux élèves». De plus, Pauline Marois, ancienne ministre de l'Éducation et maintenant chef du parti québécois, a promis en 1997, lors de la réforme, un débat public nécessaire sur le rôle des commissions scolaires. Le temps est arrivé.
Le système d’éducation est le berceau de toute société. Et qui sait mieux bercer que les parents, les éducateurs premiers d’un enfant ?
Chris Eustache