Apprendre la conscience sociale
Premier prix pour des petits entrepreneurs de l'école Murielle-Dumont
Selon l'Association canadienne de pâtes et papiers, pas moins de 1707 tonnes métriques de papiers et cartons de toutes sortes ont été produites au Canada pour le seul mois de janvier 2004. Sur ce nombre, il est intéressant de noter que 716 milliers de tonnes métriques étaient destinées aux journaux.
Il semblerait que Marie Durivage, une professeure de l'école Murielle-Dumont, et sa classe de 3e année ait décidé de prendre une mesure concrète contre ce gaspillage éhonté. Tout au long de l'année scolaire 2006-2007, les jeunes ont appris à fabriquer du papier à partir des retailles de leur bac à recyclage. Cela les a même amenés à créer une micro-entreprise dont le projet «Recettes sans frontières» leur a valu le premier prix lors de la finale régionale du Concours québécois en entrepreneuriat.
«J'avais besoin d'un défi pour l'année. En plus, pour me sensibiliser au recyclage, il fallait que je pose un geste concret. Je ne pouvais pas juste mettre les vieux papiers dans un bac et les regarder partir. Il me manquait un élément», explique Marie Durivage, une enseignante chevronnée et passionnée, qui a fini par embarquer toute l'école dans son projet un peu fou. Elle a eu l'inspiration en visitant Johanne Demers, une collègue de l'école Jean-Lemonde située à Laval, qui faisait son propre papier avec des élèves. «Par contre, il fallait que mes “cocos” soient intéressés.» L'intérêt est venu, et madame Durivage a pu le constater lorsqu'un de ses élèves s'est exclamé devant le bac de recyclage plein: «On en gaspille du papier, hein, Marie?» C'était le début d'une grande aventure.
Étape par étape
Au début, il a fallu apprendre à faire du papier et créer un atelier pour le projet. La classe a d'ailleurs pu compter sur l'esprit ingénieux de Sylvie Dufault, une maman bénévole qui a entre autres participé à la fabrication des outils de travail. D'ailleurs, souligne Marie Durivage, plusieurs personnes de l'école ont mis la main à la pâte pour que chaque étape de l'aventure soit une réussite, que ce soit l'infirmière de l'école ou encore les parents qui ont fourni les recettes de «Recettes sans frontières».
Car la classe a décidé d'un commun accord de participer au projet de micro-entreprise, et de fabriquer un livre de recettes du monde. Les élèves de madame Durivage viennent des quatre coins de la planète, c'est comme ça qu'est née l'idée. Les plats ont d'ailleurs tous été goûtés! La classe a formé différents comités pour séparer le travail. Si certains étaient en charge du côté création, d'autres se sont chargés de la comptabilité. Par exemple, le comité de vente a même créé un DVD publicitaire! D'ailleurs, il est à noter que leur projet a fini parmi les 184 finalistes au niveau national du concours en entreprenariat, sur un total de 7000 projets à travers le Canada!
Qu'ont fait les élèves avec l'argent que leur a apporté la petite entreprise? Ils ont décidé de le donner à un organisme de charité. François Gince, le directeur général du Fonds de dépannage de l'Ouest-de-l'Île, a acheminé les quelque 270 dollars vers une famille monoparentale avec trois enfants, affirme madame Durivage, visiblement fière de ses élèves.
Pour la prochaine année scolaire à Murielle-Dumont, toutes les classes qui souhaitent participer à la création de papier pourront le faire, grâce à une subvention qu'a reçue l'école. Comme quoi les bonnes idées font des bourgeons!
Photo fournie par Marie Durivage