Des réunions sur Internet
Le 12 août dernier, Cités Nouvelles nous présentait un dossier sur le «Retour à l’école», qui m’a fait penser à un document publié, le 6 juin, par l'association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ) intitulé «Maintenant c'est le moment d’avoir un dialogue clair et inclusif sur la gestion des commissions scolaires». Ce document devrait être prix au sérieux par tous les payeurs de taxes et, en particulier, par tous les parents d’enfants d’âge scolaire.
Ils affirment dans le document que «maintenant», c'est le moment d’avoir un «dialogue clair» sur la viabilité du système d’élection universel des commissions scolaires des écoles, et que «les communautés, les médias et le gouvernement devraient être impliqués». Ils ajoutent que nous ne devrions pas être «gênés» de cela. Oui, en effet, nous devrions tous nous impliquer.
Toutefois, ils continuent en disant que «cette discussion claire devrait être marquée d’un X en ce qui concerne le vote aux élections scolaires du 4 novembre prochain». Il s'agit là d'un langage de politicien donc laissez-moi vous rafraîchir la mémoire.
Premièrement, le gouvernement est déjà impliqué dans cette histoire. Le gouvernement libéral est partenaire avec l'ACSAQ (qui est le partenaire sénior). Le gouvernement Charest semble être satisfait du travail des commissions scolaires qui tiennent des interminables réunions, des consultations bidon et qui changent sans cesse leurs politiques. Ils ne semblent pas non plus se soucier de la façon dont ces anarchiques institutions gaspillent de l’argent.
Prenez par exemple cette dépêche de presse qui vient de la commission scolaire de Pearson: «La commission a mis de côté assez d’argent (250 000$) à partir des surplus réalisés ces dernières années pour financer les élections». Des surplus?
Heureusement, au Québec, le parti d’opposition, l’ADQ, veut faire abolir ces dispendieuses commissions scolaires afin de réinvestir l’argent économisé dans des ressources aux étudiants et laisser l’administration des écoles aux parents et au personnel des écoles elles-mêmes.
Deuxièmement, l’Association se pose la question suivante : «Que peut-on faire pour revitaliser et moderniser notre système de conseils d’établissement élus?» Voici une suggestion: diffusez les réunions des commissions scolaires à la télévision ou à la radio.
En septembre 1999, la commission scolaire Cedarburgh à Milwaukee a proposé d’avoir des réunions télédiffusées puisqu'elles permettraient aux citoyens plus âgés ou handicapés, ainsi qu’aux travailleurs ayant des horaires trop chargés, de pouvoir quand même suivre le débat. Du même coup, ce projet assurerait une communication plus claire et plus facile des décisions de la commission. Un commissaire a souligné que : «Ça permettrait aux citoyens d’avoir une idée claire des enjeux sans avoir à se fier sur les dires de quelqu'un d’autre.»
Dans l’édition du 16 mars 2007 du Richmond Times-Dispach (Virginie), l’article intitulé «Une pétition circule à la demande des citoyens du comté d’Henrico» mentionnait que 200 personnes demandaient du soutien afin de faire télédiffuser les réunions du conseil de la commission scolaire.
Un peu plus près de nous, le président de la commission scolaire «Upper Canada District», Greg Pietersma, annonçait le 16 mai dernier que les réunions allaient désormais être diffusées sur Internet et sur les chaînes sur demande. «Ce nouveau médium nous permet de communiquer plus efficacement avec nos communautés et de mieux servir nos citoyens», a-t-il expliqué.
De 1999 à mai 2007, j’ai assisté à des douzaines de réunions de la Commission scolaire Pearson. J’ai observé que les commissions scolaires se cachent derrière des groupes d’experts-conseils, des consultations, des politiques, des expressions ambigües et beaucoup de théorie politique. Les commissions scolaires n’inspirent pas la confiance.
Je crois donc que la commission scolaire Pearson devrait diffuser publiquement ses réunions.
Chris Eustace