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De vélo et d'avenir

Les recommandations de l'OCPM

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 18 septembre 2007 à 12:09
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De vélo et d'avenir
Au début d'août dernier, les commissaires de l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM) soulignait à l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro l'importance de faire du vélo un mode de déplacement à part entière dans les plans d'urbanisme à venir. Photo: Jacques Pharand
De vélo et d'avenir
Les recommandations de l'OCPM
«Pour les vélos, les piétons, ou même les fauteuils roulants motorisés, le viaduc de l'autoroute 40 est un obstacle quasi-infranchissable», observe Jean-François Gingras, cycliste.
Et il sait de quoi il parle. Du mois d'avril à décembre, et ce, depuis 20 ans, cet ingénieur forestier chez FERIC part de sa résidence à L'Île-Bizard et se rend à vélo à son bureau, situé au coin des boulevards Hymus et Saint-Jean. Il traverse donc le viaduc de l'autoroute 40 et le boulevard Saint-Jean, une artère congestionnée matin et soir par les milliers de voitures qui y défilent.

Faute de place sur le boulevard Saint-Jean, il passe surtout par les petites rues après avoir enfin franchi ce viaduc. «Je ne demande même pas de piste dédiée seulement aux vélos. Pourquoi ne pas simplement élargir les trottoirs sur le boulevard Saint-Jean? Comme ça, les vélos aussi pourront les emprunter. J'ai vu ça dans certaines villes d'Europe», suggère-t-il.

Le cas de monsieur Gingras est caractéristique d'une grave tare dans le réseau de pistes cyclables de l'Ouest-de-l'Île: l'inexistence de liens entre le nord et le sud du territoire. En fait, les pistes cyclables ceinturent l'Île. C'est très agréable pour la promenade du dimanche au bord de l'eau, mais pas très pratique pour aller travailler dans les différents commerces et industries qui sont presque tous situés à l'intérieur du territoire.

Au début d'août dernier, les commissaires de l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM) recommandait à l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro de se doter d'une vision vélo qui comprendrait cette préoccupation. «Elle (la commission) souligne l'importance d'en faire un mode de déplacement à part entière empruntant des voies propices aux déplacements et à la sécurité des utilisateurs, non seulement le long du parcours riverain, mais aussi dans des axes nord-sud importants», peut-on y lire à la page 31 du rapport.
Un problème pour tout l'Ouest-de-l'Île
À Pierrefonds-Roxboro, le plan pour le réseau cyclable est riverain, il passerait par le boulevard Gouin et la rue Lalonde, explique Stéphane Quesnel, conseiller en aménagement à Pierrefonds-Roxboro. Un bel aménagement récréotouristique, mais rien pour régler la situation à l'intérieur de l'Île à court ou moyen terme.
En fait, cet enjeu dépasse les frontières de l'arrondissement. Le territoire de Pierrefonds-Roxboro s'étend en long au nord de l'Ouest-de-l'Île. Les trois grands axes nord-sud, le boulevard Saint-Jean, des Sources et Saint-Charles, traversent plusieurs villes, dont Pointe-Claire, Dollard-Des Ormeaux, Kirkland, Beaconsfield. Un beau casse-tête politique en perspective. «Cet axe nord-sud, on le fait à quel endroit?» s'interroge la mairesse de Pierrefonds-Roxboro, Monique Worth. «C'est difficile à imaginer, surtout que ces artères sont très congestionnées.» Richard Bergeron, à la tête du parti Projet Montréal, reconnaît la difficulté. «Il faut être solide politiquement pour réaliser une piste cyclable sur le boulevard Saint-Jean!»
Impossible?
Le virage vélo sur les grands boulevards urbains est pourtant essentiel, croit Florence Junca-Adenot, professeure d'études urbaines et touristiques à l'UQAM et ancienne présidente-directrice générale de l'AMT. «Partout sur les grands boulevards, il devrait y avoir une piste cyclable en voie propre. Ils le font à Paris avec leurs rues étroites, alors pourquoi pas ici avec la largeur de nos boulevards?» s'insurge-t-elle. Elle reconnaît toutefois qu'un tel virage ne se fait pas en criant ciseau. Il y a plusieurs intervenants dans ce type de dossier, par exemple les industries, l'AMT, le ministère des Transports du Québec et les municipalités, et tous doivent aller dans la même direction.
Au-delà des contraintes physiques, il y a surtout un travail à faire sur les mentalités pour donner au vélo une place plus importante sur l'Île de Montréal, croit madame Junca-Adenot et Richard Bergeron. Par exemple, l'argument qui veut que le climat hivernal soit un obstacle majeur à l'implantation du vélo comme remplacement à l'automobile. «On peut rouler à bicyclette jusqu'au mois de décembre», affirme Florence Junca-Adenot. «Plusieurs pays d'Europe du Nord sont beaucoup plus avancés que nous à ce sujet, et pourtant leurs conditions climatiques sont semblables aux nôtres.»

Ce discours sur les changements de mentalités rallie également Claude Jourdain, secrétaire-trésorier du Circuit patrimonial à vélo de l'Ouest-de-l'Île. Il se souvient, il y a quelques années, du refus qu'avaient essuyé les gens du circuit lorsqu'ils ont demandé à la STM de poser des supports à vélo en avant des autobus qui circulent sur ce parcours. «Trop compliqué», lui avait-on répondu. «Pourtant, il y a 400 villes en Amérique du Nord qui ont un système semblable, dont Mascouche», affirme-t-il.

Selon lui, il sera très important dans les prochaines années de développer les nouvelles infrastructures routières qui tiennent compte des vélos, comme la prolongation du boulevard Jacques-Bizard jusqu'à l'autoroute 40, qui fait partie du plan de transport déposé par Montréal au printemps dernier.
Une consultation unique à Montréal
À la fin du mois d'août, l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM) a remis à Pierrefonds-Roxboro ses recommandations touchant les orientations de l'arrondissement en matière d'urbanisme. Ils se sont basés essentiellement sur les échanges et les mémoires des citoyens qui ont émergé lors d'une grande consultation à ce sujet au printemps dernier. Cet automne, les élus présenteront les orientations définitives sur ce sujet.

Photo: Jacques Pharand
Bonne idée dans l'ouest
Des villes situées complètement à l'ouest de l'Île de Montréal développent présentement un projet de pistes cyclables très intéressant. Baie-D'Urfé souhaite réaliser des pistes à l'intérieur de la ville, pour faciliter le transport des résidants. Prochainement, la Ville réalisera une piste partagée qui passera par les rues Morgan et Sunny Acres, ainsi que Devon et Summerset. La piste cyclable sur la rue Morgan irait rejoindre la future piste cyclable de Sainte-Anne-de-Bellevue, qui se développera en piste propre jusqu'en 2009 dans le secteur nord de la ville, tel que décrit par le Cités Nouvelles dans l'édition du 10 juin dernier. Ce lien nord-sud serait vraisemblablement le premier lien cycliste du genre dans la région.

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