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Que mange un dindon le jour de l’Action de grâce?

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 7 octobre 2007 à 8:53
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Que mange un dindon le jour de l’Action de grâce?
Luke, le dindon sauvage de l’Écomuseum se régalera lui aussi le jour de l’Action de grâce. Photo:Jacques Pharand
Que mange un dindon le jour de l’Action de grâce?
Luke a eu dix ans cette année. Il vit à Sainte-Anne-de-Bellevue avec deux dindes. Pleins feux sur Luke, le dindon sauvage de l’Écomuseum.
En sa qualité de dindon, Luke ne se pose pas beaucoup de questions. D’autres que lui s’occupent des préparations. Noix, cocottes, glands, petits fruits, araignées, grillons et autres péchés de gallinacés seront au menu pour l’occasion. C’est Jonathan Luce, responsable des mammifères et oiseaux, qui aura l’honneur de lui servir ce repas spécial. «C’est bon d’enrichir périodiquement sa diète avec des noix et des insectes comme il en trouverait à l’état sauvage, explique le responsable. On va lui faire un spécial pour l’Action de grâce.» En temps normal, Luke mange un mélange de graines, maïs concassé, coquille d’huitres et même de la nourriture pour chat.

Luke est une créature unique dans la région. «C’est certainement le seul dindon sauvage dans l’Ouest-de-l’île», affirme Jonathan Luce. Bien sûr, il y a les deux dindes qui vivent à ses côtés, mais seul Luke arbore avec fierté des caroncules rouge violacée et une sorte de barbe sur la poitrine, symbole de sa masculinité. D'ailleurs, Luke est un polygame assumé.

Les dindons sauvages sont indigènes à la région, mais au tournant du siècle dernier, ils ont disparu des forêts québécoises à cause de la chasse intensive. En 2001, l’espèce a été réintroduite dans le sud du Québec et selon la Fédération québécoise de la faune (FQF), les observations de l’espèce sont de plus en plus nombreuses en Montérégie et en Estrie et laissent entrevoir une population bien établie, et en pleine expansion.
Tranche de vie d’un dindon
Les activités de Luke se divisent en deux catégories: celles d’été et celle d’hiver. «L’été, il est plus actif, il se gonfle les plumes, il fait la cour aux femelles, ses couleurs sont plus vives à cause de la circulation du sang et de l’adrénaline, explique Jonathan Luce. Il est très compétitif sur son territoire et réagit très fortement aux visiteurs qui portent du rouge ou du bleu».
Or, Luke est le seul mâle à des lieues à la ronde, il n’a pas à craindre qu’on lui ravisse ses dindes. En se laissant duper par les anoraks de couleur, Luke devient le dindon de la farce. Manquerait-il de discernement? Le préposé aux soins de l’oiseau qui s’occupe de lui depuis plus de six ans, hésite à confirmer la croyance populaire qui prétend que le dindon soit un peu simple d’esprit. «Il a une certaine logique, affirme Jonathan. Il vole, contrairement aux dindes domestiques. Il monte dans les arbres dès qu’il fait noir pour dormir, il s’adapte aux rigoureux hivers en développant un plumage plus épais et reste actif toute l’année».
Une espèce convoitée
En cette période de l’Action de grâce, considérant les us et coutumes de la majorité des résidants de l’Ouest-de-l’Île et leurs appétits de circonstances, Luke et ses dindes sont indéniablement des créatures sinon en danger, du moins convoitées. Jonathan craint-il que son protégé ne se fasse kidnapper? «Évidemment, n’importe quoi peut arriver, on ne peut tout prévoir. Mais nous n’avons jamais eu de problème de ce genre dans le passé. Luke est en sécurité», affirme le jeune homme.
Une visite à l’Écomuseum de Sainte-Anne-de-Bellevue pourrait être une belle activité familiale à faire le jour de l’Action de grâce. On y retrouve tous les animaux indigènes de la vallée du Saint-Laurent, de l’écureuil volant à l’ours noir, en passant par les tortues et amphibiens de toute sorte. «Nous sommes ouverts tous les jours sauf le 25 décembre», explique Jonathan. Pour ceux qui veulent faire un cadeau à Luke, inutile de lui acheter un casse-noisette, il garde des cailloux dans son gésier qui lui permettent de broyer noix et cocottes. Par contre, des sauterelles en chocolat seraient fort appréciées.

Photo:Jacques Pharand

Photo: Jacques Pharand

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