Informer ou critiquer
Depuis la parution de la revue municipale d'automne à Pierrefonds-Roxboro, la lettre signée de la main de la mairesse qui paraît à la page 3 me donne de l'urticaire.
En s'adressant aux résidants, madame Worth fait l'éloge des bons coups de l'année de son équipe, dont la construction du nouveau Centre communautaire de Pierrefonds-Est et l'agrandissement de la bibliothèque principale. Par la suite, elle amorce sa conclusion avec cette phrase-choc: «Parfois certains articles ou commentaires peuvent miner nos efforts et créer parmi notre population des doutes sur les processus de consultation et le financement de ces projets.»
Je présume que la mairesse réagit ici aux différents articles qui ont paru dans le Cités Nouvelles depuis l'annonce de la construction du centre communautaire.
Pas de doute, c'est un sujet qui n'est pas passé inaperçu. Dès le mois de décembre 2006, le journal annonçait cette nouvelle. Au total, ce sont huit articles qui ont été publiés dans nos pages à ce propos, dont deux lettres à l'éditeur.
Dans un de ces textes, entre autres, on y apprenait que ce centre était un des premiers projets que madame Worth a mis de l'avant lors de son élection en 1989. Un autre article rapportait la méthode de financement de la bâtisse [un emprunt qui aura des effets directs sur les comptes de taxe des citoyens pour les 20 prochaines années]. Et puis est venue la critique de certains résidants et organismes communautaires qui remettaient en cause la légitimité d'un second centre communautaire dans Pierrefonds.
Loin de moi l'idée de mettre en doute toute l'énergie investie dans de telles réalisations. Un projet de longue haleine comme celui-là exige des efforts soutenus, j'en conviens. Mais de là à discréditer le travail des journalistes en mettant en garde le citoyen, je crois que cette tentative est déplacée. Des résidants ont même appelé au journal pour nous demander si nous avions lu cette lettre plutôt incriminante à notre égard.
Le travail des journalistes consiste à informer avant tout, à répondre aux «quoi, quand, où, comment». Outre ces interrogations, une autre partie du métier est d'analyser, de poser des questions, d'enquêter, d'aller plus loin.
Un projet de 3,5 millions ne vaut-il pas la peine qu'on s'y intéresse? Nous n'avons pas jugé ce travail de façon malveillante. Par contre, on peut questionner la pertinence d'ériger un deuxième centre communautaire à Pierrefonds ou examiner la méthode de financement. Après 19 ans, l'administration municipale n'aurait-elle pas eu le temps de mettre un peu d'argent de côté?
Madame Worth, ce projet vous tenait à cœur et vous avez respecté votre promesse. Mais disqualifier le travail des journalistes pour ensuite se faire rassurant à propos des démarches consciencieuses des élus ne servira jamais aucune cause.