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Vivre de l’autre côté des rails

La voie ferrée effraie les parents de Cloverdale

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 28 octobre 2007 à 16:18
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Vivre de l’autre côté des rails
Kafia, cinq ans, regarde le train passer au retour de l’école, mercredi en fin d’après-midi. (Photo: Jacques Pharand )
Vivre de l’autre côté des rails
La voie ferrée effraie les parents de Cloverdale
Jeudi après midi, 15h16. Comme d’habitude, les cloches du passage à niveau sur Alexander se font entendre, et la barrière commence à descendre. Alertés, quelques gamins qui rentrent de l’école s’élancent vers les rails, histoire de traverser le plus rapidement possible. «Arrêtez les gars», s’écrit le seul adulte sur les lieux, le photographe de Cités Nouvelles
Plus de la moitié de la population des écoles Harfang-des-Neiges et Perce-Neige provient du secteur Cloverdale, et nombreux sont ceux qui marchent pour aller à l’école. Matin et soir, des regroupements d’écoliers traversent les rails avec pour seule protection, une barrière souvent plus haute qu’eux et la sagesse de leur jeune âge. «À chaque fois que j’entends le train, je m’inquiète», confie Haweya en se tenant le cœur. Il faut les voir, il y en a même qui se laissent monter et descendre par les barrières», poursuit la mère de sept enfants.

Plusieurs parents partagent ce sentiment d’angoisse. Certains enfants ont carrément peur du train. «Il arrive très vite», dit l’un.

Amoun, mère de dix enfants ne comprend pas. «Pendant longtemps, il y a eu un brigadier qui surveillait les enfants sur la voie ferrée, mais depuis quelques années, il n’y en a plus.»

Rejoint jeudi dernier, le commandant du poste de quartier 3 Michael Chartrand s’est empressé d’éclaircir la question au meilleur de sa connaissance. «Il y a déjà eu un brigadier, mais depuis l’installation des barrières il y a six ans, son poste a été aboli. À l’époque, on a fait une évaluation auprès de l’école, des parents et autres concernés, et ils étaient unanimes, le brigadier n’était plus nécessaire.»

Michael Chartrand, en poste depuis près d’un an, se dit très surpris d’entendre parler des inquiétudes des parents. «Depuis six ans, nous n’avons eu aucune plainte et aucun rapport d’événement».

De son côté, Amoun et ses voisines se souviennent très bien d’avoir été consultées, et toutes affirment avoir dit «non», à la proposition d’abolir le poste du brigadier. «On a été très surprises lorsque le brigadier est parti. On s’est dit : ils nous consultent, mais ne nous écoutent pas.» Selon un prof de Perce-Neige, plusieurs enseignants sont préoccupés par les imprudences des jeunes aux abords des rails.
Pourquoi là-bas plutôt qu'ici?
Amoun ne comprend pas pourquoi il y a un brigadier sur la rue Centre commercial qui aide les enfants à traverser la voie ferrée, et non sur Alexander. Diane Duguay, brigadière qui pendant 15 ans a fait traverser les enfants à l’intersection Gouin et Alexander, est également perplexe devant cette situation qui semble injuste. «Il y a beaucoup plus d’enfanst qui passent sur Alexander», affirme la femme d’expérience qui travaille maintenant au coin des rues Gouin et Centre Commercial. «Plusieurs mères m’ont confié leurs inquiétudes lorsque j’étais sur Alexander, et je leur ai conseillé de former un comité…J’en ai moi-même parlé au poste de police qui était alors juste à côté.»
Il semblerait que le comité de sécurité de l’arrondissement, les policiers et les autorités scolaires veuillent tous un environnement sécuritaire pour les enfants. Il suffit de s’assurer que tous ces décideurs communiquent et arriment leurs actions.

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