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Pas de courtoisie pour Cloverdale

Plusieurs parents tentent de se faire entendre par la CSMB

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 27 octobre 2007 à 16:19
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Pas de courtoisie pour Cloverdale
Le transport scolaire préoccupe les parents du secteur Cloverdale cette année. (Photo: Jacques Pharand)
Pas de courtoisie pour Cloverdale
Plusieurs parents tentent de se faire entendre par la CSMB
Plusieurs parents du secteur Cloverdale à Pierrefonds ont signé une pétition qu’ils présenteront aux écoles primaires du quartier ainsi qu’à la CSMB. Le transport de leurs petits de maternelle, ainsi que les frais de surveillance du dîner sont au centre de leurs préoccupations.
Amoun Jama a dix enfants. Six d’entre eux fréquentent l'école primaire, qui se répartit en deux écoles dans son secteur: Harfang-des-Neiges qui elle-même se divise en deux pavillons - un pour les maternelles et un autre pour les premières et deuxièmes années -, et Perce-Neige, pour les plus grands. La femme d’origine éthiopienne qui fait partie du conseil d’établissement des deux écoles est l’instigatrice de la pétition. «Pour la question du transport, il faut agir vite, avant que l’hiver n’arrive, explique la femme engagée. Pour ce qui est des frais pour la surveillance du dîner qui sont beaucoup trop élevés pour nous, ça fait des années que j’en parle au conseil d’établissement», ajoute-t-elle. Pour la première fois cette année, les petits de maternelle du secteur Cloverdale, qui vivent à l’intérieur d’un rayon de 800m, notamment sur la rue Station, n’ont pas droit au service de courtoisie du transport scolaire. «Nous appliquons les règles, déclare Brigitte Gauvreau responsable des communications à la CSMB. C’est justement pour amender ces règles que les parents de Cloverdale se mobilisent.

Les règles du transport scolaire stipulent que les enfants de maternelle ont droit à l’autobus lorsqu’ils demeurent à 800 mètres ou plus de l’école. S’il reste des places dans les autobus qui desservent les familles éligibles, la CSMB les attribuera à ceux qui en font la demande selon les critères basés sur l’âge et la distance. Depuis longtemps, Amoun et ses voisins bénéficiaient de ce service dit «de courtoisie», mais cette année la CSMB a coupé un autobus, car il y avait moins d’inscriptions à l’école.

Pour des considérations humaines et des raisons de sécurité, les parents de Cloverdale concernés demandent un service de transport pour leurs enfants de cinq ans. La marche est longue pour Amoun et ses voisins qui demeurent sur la rue Station à 780 mètres de l’école. «Le trajet est dangereux. Il y a une partie sur le boulevard Gouin où les chauffeurs conduisent en fous. De plus, les enfants doivent traverser le chemin de fer sans brigadier et ça nous effraie», ajoute-t-elle (voir article en page 10).

Nombreux sont les parents qui ont des enfants en bas âge, qu’ils doivent amener avec eux. «À Cloverdale, la famille moyenne a plus de quatre enfants», affirme Amoun. De plus, à cause des horaires de classes qui ne concordent pas, les grands de l’école Perce-Neige ne peuvent reconduire les petits avant le début de leurs classes. «Il est impossible de travailler et de devoir tous les jours aller chercher la petite à 14h40», explique David Bolombé, père de bientôt sept enfants. «Les petits devront manquer l’école…À cet âge, il faut leur faire aimer l’école, pas les décourager avec de telles situations».

Une vingtaine de marmots marchent pour aller à la maternelle. Une quinzaine d’entre eux viennent de Cloverdale, de l’autre côté des rails. «Il devrait y avoir un transport systématique pour tous ces petits», estime Amoun.
Frais de surveillance du dîner
Les frais de surveillance du dîner s’élèvent cette année à 313,25$ par enfants, aux écoles Harfang-des-Neiges et Perce-Neige. Ces deux écoles bénéficient selon la responsable des communications, des tarifs les plus bas sur l’île Montréal. Ils demeurent toutefois beaucoup trop élevés pour plusieurs parents qui ont de grandes familles. Pour Amoun qui a six enfants inscrits, la note s’élève à 1879,50$. «Et ça n’inclut même pas la nourriture», ajoute la mère de famille qui commence l’année avec des dettes de l’année précédente. «Avec les frais de fournitures scolaires et ceux de la surveillance du dîner, on veut craquer», s’exclame David Bolombé.
Certains enfants dont les parents ne peuvent payer la note, vagabondent ici et là sur l‘heure du dîner, problème qui prend de l’ampleur lorsque l’hiver arrive. Selon la directrice du Carrefour des 6 -12 ans, Carole Legault, la commission scolaire assume que les parents sur l’aide sociale ne travaillent pas et peuvent accueillir les enfants à la maison. «Quand on a dix enfants, on a beaucoup à faire à l’extérieur de la maison», s’insurge Amoun. Il est d’autant plus difficile pour une mère qui doit aller chercher sa petite à la maternelle, puis ceux de première et deuxième à l’autre pavillon, de faire manger tout le monde dans les délais prescrits.»

Les parents implorent l’école de leur faire des tarifs spéciaux, après un certain nombre d’enfants inscrits. Amoun affirme que les parents sont prêts à s’impliquer pour trouver des solutions de financement, mais ils ont besoin d’aide pour démarrer un projet viable. «D’autres écoles pauvres ont trouvé des solutions. On aimerait savoir comment elles ont fait. Nous avons besoin d’aide, d’être encadrés dans notre démarche par des gens qui connaissent bien les ressources disponibles», ajoute-t-elle.

(Photo: Jacques Pharand)

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