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Si Vincent Lecavalier m'était conté…

Sébastien Auger par Sébastien Auger
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Article mis en ligne le 21 décembre 2007 à 17:39
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Si Vincent Lecavalier m'était conté…
Vincent Lecavalier dans l'uniforme du Lightning de Tampa Bay. (Photo: gracieuseté)
Si Vincent Lecavalier m'était conté…
À sa neuvième saison dans la Ligue nationale de hockey (LNH), la fierté de L'Île-Bizard, Vincent Lecavalier, est à son apogée, si bien qu'il trône présentement au sommet des marqueurs pour la toute première fois de sa carrière. Parcours d'un hockeyeur d'exception qui a grandi dans l'Ouest-de-l'Île.
Le fils de Christiane Théorêt et Yvon Lecavalier est né le 21 avril 1980. Comme plusieurs athlètes surdoués, Vincent Lecavalier a démontré très tôt ses talents. Il n'avait que deux ans et demi lorsqu'il a commencé à patiner. Mais il connaissait le hockey depuis longtemps déjà. «À un an, il pouvait regarder sans broncher une période complète d'un match du Canadien, assis sur mes genoux», se rappelle son père.

C'est grâce au dévouement exemplaire de ce dernier que Vincent a pu développer sa passion. Les horaires de travail souples de l'ex-pompier de Pointe-Claire lui ont en effet permis d'accompagner tous les jours son garçon dans les différents arénas de l'Ouest-de-l'Île. «Comme je connaissais par cœur leurs horaires, on finissait toujours pas trouver un endroit où il pouvait patiner. Sinon, j'allais le reconduire à la patinoire de notre quartier», raconte M. Lecavalier.

Vincent ne faisait pas qu'aimer jouer au hockey, il y excellait. C'est peu dire. «À quatre ans, il était trop fort pour les garçons de son âge et on le faisait jouer contre des jeunes de neuf ans», rapporte Yvon Lecavalier, qui a été son entraîneur alors qu'il évoluait dans la catégorie novice. Il a alors pu constater à quel point son fils avait un sens inné du jeu. Ce qui lui a permis de rêver. «Inconsciemment, c'est le rêve de tout père de famille de voir son enfant jouer dans la LNH, surtout lorsqu'il est talentueux. J'essayais de ne pas trop y penser, mais c'était plus fort que moi.»

Alors qu'il était âgé de 12 ans, M. Lecavalier a fortement incité Vincent à travailler auprès d'enfants handicapés afin qu'il prenne conscience de la chance qu'il avait. L'adolescent l'a écouté. Durant deux étés, il a servi d'accompagnateur pour des jeunes souffrant de déficiences physiques et mentales au camp de jour de L'Île-Bizard. «Il a compris le message que je voulais lui lancer. Aujourd'hui, il visite régulièrement des hôpitaux et il est le porte-parole du All Children's Hospital de Tampa», souligne fièrement son père.

Après avoir fréquenté plusieurs écoles primaires anglophones de Pierrefonds, Lecavalier amorce ses études secondaires au John Rennie High School de Pointe-Claire en 1992. Désirant suivre les traces de son premier modèle, son frère aîné Philippe, Vincent quitte la métropole deux ans plus tard, à 14 ans, pour le collège Notre-Dame, à Wilcox, en Saskatchewan, afin d'y parfaire ses aptitudes. «Quand je suis allé le voir jouer là-bas, j'ai su qu'on allait le retrouver un jour dans la LNH», indique M. Lecavalier.
Le rêve se réalise
Le père de famille voulait que son fils cadet se dirige ensuite vers un collège américain. Vincent, lui, n'avait qu'une idée en tête: poursuivre son apprentissage dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Ce qu'il a fait avec brio durant deux saisons au sein de l'Océanic de Rimouski, avant d'être sélectionné au tout premier rang lors du repêchage du 27 juin 1998. «Une cinquantaine de parents et amis étaient sur place pour assister à ce grand moment. Nous étions tous fiers de lui», confie le résidant de L'Île-Bizard.
À peine quelques mois plus tard, le 9 octobre, le grand numéro quatre faisait ses débuts avec le Lightning de Tampa Bay. Yvon Lecavalier s'en souvient comme si c'était hier. «Toute la famille était présente. C'était contre les Panthers de la Floride. Il avait frappé le poteau à sa première présence. Nous étions très excités», affirme-t-il.

Jacques Demers a été son premier entraîneur dans la LNH. Il avoue qu'il n'avait «jamais vu un jeune de 18 ans aussi sérieux et discipliné». «Je savais qu'il allait devenir une future grande vedette.» Vincent Lecavalier y est parvenu grâce à ses efforts soutenus. «Il a toujours travaillé extrêmement fort et il était responsable. Même très jeune, je ne crois pas qu'il se soit déjà couché tard la veille d'un match», soutient M. Lecavalier.

Depuis que Vincent demeure dans la région de Tampa, les Lecavalier ont une résidence secondaire à Saint Peter Beach, tout près de l'aréna du Lightning, où ils habitent la moitié de l'année. Yvon peut ainsi assister à tous les matchs locaux de fiston. «Je n'en rate pas un», assure-t-il.

De l'avis de son partisan numéro un, «Vincent est au sommet de son art depuis qu'il a mérité le titre du joueur le plus utile lors de la Coupe du monde de 2004». Lecavalier a également remporté la coupe Stanley cette année-là.

M. Lecavalier considère qu'il est privilégié d'avoir un fils qui connaît autant de succès. «De nombreux parents ont consacré autant de temps et d'énergie que nous à leurs enfants sans toutefois obtenir les mêmes résultats», relativise-t-il.

Lorsque sa saison prend fin, Vincent vient régulièrement faire son tour dans L'Île-Bizard qui l'a vu grandir. Les Bizardiens pourront peut-être également le voir vieillir, lui qui songe à s'acheter une maison dans l'Ouest-de-l'Île pour y passer ses étés… et sa retraite. Mais ce n'est pas de sitôt, le joueur le plus complet de la LNH a encore beaucoup trop de plaisir à montrer l'étendu de ses habiletés sur la glace.

(Photo: gracieuseté)

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