Lors du verglas de 1998, la première édition de l'année de Cités Nouvelles faisait la une avec cette photo. Plusieurs reportages ont été écrits sur le sujet durant plusieurs semaines. Un événement qui a marqué la mémoire collective.
Plans d'urgence revus et corrigés
Des leçons tirées de la tempête du verglas de 1998
En janvier 1998, l'Ouest-de-l'Île sombrait aussi dans la noirceur et toutes les municipalités de la région affrontaient la tempête chacune à sa façon. Dix ans plus tard, les maires d'aujourd'hui se disent mieux outillés, même s'ils sont très satisfaits des performances de l'époque.
La mairesse de Pierrefonds, Monique Worth, qui était alors conseillère municipale, se rappelle qu'en moins de deux heures, l'application de leur plan d'urgence avait été mise en branle. Les résidants dans le besoin ont été hébergés en grande majorité sur les deux glaces désaffectées de l'ancien aréna, d'autres au centre Marcel-Morin et au Collège Beaubois. Dans les archives de Cités Nouvelles, on y rapporte d'ailleurs qu'au plus gros de la tempête près de 500 personnes logeaient à l'aréna.
Maintenant sans aréna, Pierrefonds devrait s'y prendre différemment si un tel événement survenait. «On s'est rendu compte que d'avoir un grand centre, ce n'est pas la meilleure façon, explique Mme Worth. C'est beaucoup plus difficile à gérer. Il faudrait donc répartir les gens dans plusieurs petits centres pour avoir un meilleur contrôle. On préparerait aussi deux équipes de responsables pour assurer une relève, nos directeurs ne dormaient que quelques heures. Il faut que ces gens aient le temps de se reposer.»
De l'autre côté du pont
À L'Île-Bizard, les procédures du plan d'urgence de 1998 ont été modifiées après quelques heures. Les gens qui avaient été localisés au centre Denis-Benjamin-Viger ont été déplacés au centre socioculturel.
«Toutes nos installations sont maintenant munies de génératrice ce qui n'était pas le cas dans le temps», détaille Lucie René, aux communications de l'arrondissement et qui était rédactrice en chef de Cités Nouvelles au moment du verglas. Elle se rappelle d'ailleurs avoir fait la tournée des installations de fortune dans plusieurs villes et se souvient d'avoir été très impressionnée par la débrouillardise et l'entraide des gens.
Mis à l'essai
Depuis, L'Île-Bizard et Ste-Geneviève ne font qu'un arrondissement. Le plan d'urgence a été refait selon les critères de la ville de Montréal et est révisé chaque année comme celui de Pierrefonds-Roxboro. Le printemps dernier, ils ont d'ailleurs fait la simulation d'un déversement de produits toxiques sur le pont de L'Île-Bizard isolant ainsi l'île au reste du monde. Selon le directeur administratif, Gervais Collinge, c'est un plan qui fonctionne bien. «On a fait travailler toutes nos équipes en impliquant l'urgence santé, les pompiers et policiers. L'ajout d'une caserne de pompier sur L'Île-Bizard aide beaucoup à augmenter le niveau de sécurité.»
Et si le pont devenait vraiment impraticable? Le transport ambulancier se ferait par hélicoptère. «On a vérifié avec l'armée pour voir s'il y avait un moyen d'élaborer un pont temporaire, mais c'est extrêmement complexe, ajoute M. Collinge. Disons qu'on n'est pas encore tout à fait équipé à ce niveau. On travaille fort avec la ville de Montréal à faire construire un deuxième pont, c'est notre cheval de bataille actuellement et ça va bien puisque que cela a été inscrit dans le plan de transport dans un horizon de 5 à 10 ans, c'est quand même une étape importante de franchie.»
Et les villes
À Ste-Anne-de-Bellevue, Bill Tierney se considère choyer d'avoir à sa proximité le campus John-Abbott. «Le verglas a permis de tirer des leçons, j'avais une ville à moitié éclairée. Le campus a ouvert ses portes et il y avait un centre au parc Harpell pour les gens du village. Ça s'est passé sans trop de difficulté et ce sont encore les mêmes endroits prévus dans notre plan d'urgence.»
Du côté de Beaconsifield, le maire, Bob Benedetti, n'occupait pas les fonctions de maires, mais il était plutôt journaliste à CTV et a grandement couvert l'épisode. «Dans l'Ouest-de-l'île, en particulier les villes de Beaconsfield et Pointe-Claire, j'ai trouvé que les centres d'hébergement étaient très bien aménagés, rapporte-t-il. À Beaconsfield, ils avaient installé un fil à partir de la génératrice de la station d'épuration jusqu'à l'aréna.»
Beaconsfield a son plan d'urgence depuis 2006 et la même génératrice qui est toujours située à l'ancien centre d'épuration sera déménagée à l'aréna cette année. 100 000$ ont été réservés dans le budget de la ville pour procéder au raccordement.
(Photo: Archives)