15 membres volontaires de la patrouille de recherche et de sauvetage de Beaconsfield ont annoncé leur démission en bloc, lors de la séance du conseil municipal de lundi.
(Photo: Marie-Claude Simard)
Les volontaires claquent la porte
Beaconsfield
C’est avec résignation, déception et une certaine colère que les 15 membres volontaires de la patrouille de recherche et de sauvetage de Beaconsfield ont annoncé qu’ils ne serviraient plus les intérêts de la ville, lors de la séance du conseil municipal de lundi.
«Comment pouvez-vous expliquer que tous les membres de l’équipe de sauvetage se sont résignés à ne plus servir les intérêts des résidants de Beaconsfield? Laissez-moi vous donner mon opinion après 40 ans dans la sécurité publique: Vous n’écoutez pas les gens!», a déclaré le conseiller technique de la patrouille Gordon Routley, en visant le maire Bob Benedetti lors de la période de questions. «Les décisions que vous avez prises ont rendu notre travail beaucoup plus difficile et nous ne pouvons plus continuer.»
Selon M. Routley, la relation entre l’équipe de sauvetage et l’administration municipale n’a cessé de se détériorer depuis un an et demi, soit peu après l’entrée en fonction du maire Benedetti.
Depuis plusieurs mois, le directeur du Service d’aménagement urbain et de la Patrouille municipale, Denis Chabot, fait l’intermédiaire entre eux et la patrouille des volontaires.
«Denis Chabot a voulu contrôler la patrouille et tous les processus ont été ralentis. Avant, si nous voulions utiliser la voiture, nous n’avions qu’à la prendre. Maintenant, il faut aller demander les clés. Il faut aussi aller demander la permission pour acheter un tournevis ou des outils. C’est une situation très frustrante, car nous perdons énormément de temps», explique Gordon Routley.
Celui-ci estime avoir gaspillé 80 heures au cours des trois derniers mois sur des détails administratifs. En temps normal, un volontaire est utilisé pendant un peu plus d’une centaine d’heures par année.
«C’est une relation dysfonctionnelle, nos membres trouvent que nous perdons trop de temps à négocier et que c’est rendu difficile de se concentrer sur notre propre travail, qui est sur le terrain et non dans la paperasse. À un certain point, il fallait se demander si nous pouvions toujours faire cela», a pour sa part dit le capitaine de l’équipe, Jen Tardiff.
Au point mort
Du côté de la ville, le maire Benedetti a pris la décision des volontaires avec un grain de sel, voire d’indifférence. Une équipe de huit nouveaux membres moins expérimentés a pris la relève des opérations dès le lendemain de la séance du conseil.
«J’aimerais remercier tous ceux qui ont participé et tout l’excellent travail qu’ils ont effectué au cours des dernières années pour les résidants. Je suis très déçu et je regrette la décision qu’ils [les volontaires] ont prise. Nous sommes toutefois prêts et une nouvelle équipe prendra la relève», a exprimé le maire Benedetti.
La patrouille
L’équipe volontaire de recherche et de sauvetage de Beaconsfield a été formée en l’an 2000 suite aux effets de la tempête de verglas. La patrouille est répertoriée parmi les organismes canadiens de recherche et de sauvetage.
Ses membres ont le devoir d’agir comme aide aux services municipaux lors de situations d’urgence comme des inondations, évacuations, accidents ou pour la recherche de personnes disparues.
Elle a aussi un rôle important pour la sécurité lors d’événements sportifs, de festivals ou de fêtes. Les membres, des hommes et femmes de tous âges, ont reçu une formation de premiers soins et d’utilisation d’équipements de recherche et de sauvetage. Chacun d’entre eux doit se présenter à l’entraînement de trois heures prévu tous les jeudis.
Les membres de la patrouille sont sur le qui-vive 24 heures par jour et sept jours sur sept. Environ une vingtaine d’appels sont logés à la patrouille lors d’une fin de semaine normale. Étant donné que la nouvelle équipe de volontaire est moins nombreuse et moins expérimentée, certains sont poussés à croire que leur sécurité est en quelque sorte mise en danger.
Les anciens membres de la patrouille entendent rester solidaires et espèrent pouvoir être rattachés à une nouvelle ville rapidement.
(Photo: Marie-Claude Simard)