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«Wô minute!»

20e campagne de sécurité dans le transport scolaire

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 9 février 2008 à 8:55
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«Wô minute!»
À l’occasion de la campagne de sécurité dans le transport scolaire, la division Pointe-Claire du transporteur Transco a accueilli Cités Nouvelles. Sur la photo, Claude Charbonneau, mécanicien et résidant de L’Île-Bizard. (Photo: Marie-Claude Simard )
«Wô minute!»
20e campagne de sécurité dans le transport scolaire
Du 4 au 15 février se déroule la campagne annuelle de sécurité dans le transport scolaire. Même si l’année 2007 affiche un bilan excellent, il demeure utile de valoriser les comportements sécuritaires et de dire «Wô minute!» aux automobilistes et écoliers pressés.
«La sécurité des enfants est une question de collectivité, affirme Daniel Lemay, président de l’Association du transport écolier du Québec (ATEQ), qui organise l’événement depuis 1988. Même si Transports Canada évalue le transport scolaire à 16 fois plus sécuritaire que tout autre moyen de transport terrestre, il ne faut pas relâcher notre vigilance.»

Avant la première campagne en 1988, les accidents avec blessures mortelles étaient beaucoup plus fréquents. «Le dernier drame de ce genre remonte à 2006», poursuit l’organisateur, qui lui-même conduit des autobus depuis 36 ans. Au début, la mission était de sensibiliser les enfants. Ensuite, ce fut le tour des automobilistes. «De janvier à novembre 2007, à Montréal, 36 000 infractions ont été émises pour mauvaise conduite dans les zones scolaires, et 543 pour ne pas avoir arrêté son véhicule à proximité d’un autobus jaune qui clignote.»

Michel Larocque gérant général chez le transporteur Transco qui dessert, entre autres, les commissions scolaires Marguerite Bourgeoys et Lester B. Pearson (LBPSB), considère que la campagne tombe à point, en février. «C’est une période difficile pour la conduite et la campagne donne un regain d’attention et d’énergie aux chauffeurs d’autobus», explique l’ex-chauffeur. De plus, cette année, les écoles anglophones de l’Ouest-de-l’Île ont instauré la journée d’appréciation du chauffeur lors de laquelle chaque établissement signifie à sa façon sa gratitude aux conductrices et conducteurs. «Certains se font offrir des cartes, ou sont invités à l’intérieur de l’école pour un café, explique l’ex-chauffeur. L’important, c’est de favoriser la solidarité».

Et solidarité, il y a. L’édition 2008 de la campagne de sécurité est réalisée en partenariat avec la Fédération des commissions scolaires et Transports Québec. Le slogan «Wô minute», rappelle aux automobilistes de stopper au bon moment, et aux enfants de ne pas s’exciter aux abords des autobus. En fait, la recommandation première du président de l’ATEQ est la suivante: se lever suffisamment tôt pour ne pas avoir à courir. «Moins l’enfant est pressé, moins il est excité et moins les parents sont stressés sur la route», explique le vétéran.

Il existe aujourd’hui 800 transporteurs scolaires au Québec. 10 000 autobus parcourent près d’un million de kilomètres par jour. À raison de deux parcours le matin et deux autres le soir, 10 000 chauffeurs transportent 560 000 écoliers.

Cette clientèle n’est pas la même que celles des années 1960 qui ont vu naître le transport scolaire. Désormais, plusieurs enfants ont deux adresses, et les deux parents travaillent. Selon Daniel Lemay, «les enfants respectent de moins en moins l’autorité du conducteur, et ces derniers n’ont plus autant l’appui des parents. De plus, c’est délicat d’intervenir auprès d’un enfant, on ne peut plus le prendre par le bras et l’asseoir en avant.»

Au secondaire, les enfants sont moins turbulents, mais d’autres problèmes se présentent. «Des fois, des odeurs de pot se font sentir», dit-il. Heureusement, les commissions scolaires et les écoles aident à renforcer le bon comportement à bord, et imposent des sanctions sévères à ceux qui fument ou vendent de la drogue dans l’autobus jaune.

Malgré tout, le chauffeur d’expérience considère que les enfants sont pour la plupart, inspirants. «On transporte les supervedettes et les grands inventeurs de demain. Ce n’est pas rien!»

(Photo: Marie-Claude Simard )

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