Grâce à son GPS, Marie Forté a guidé une expédition de sauvetage lors de la tempête du 8 mars.
(Photo: Marie-Claude Simard)
Expédition de sauvetage héroïque sur le Lac des Deux-Montagnes
Des motoneigistes portent secours à quatre jeunes durant la tempête
Durant la tempête du 8 mars, quatre jeunes motoneigistes se sont perdus sur le lac des Deux-Montagnes entre L’Île-Bizard et Vaudreuil. Armée d’un GPS, Marie Forté a guidé une expédition de neuf sauveteurs vers les victimes.
C’est vers 19h, que les appels ont commencé à rentrer au Centre auto-neige de l’Île-Bizard (CANIB). Grâce à leurs téléphones cellulaires, les quatre motoneigistes égarés ont réussi à appeler les secours. Après avoir donné leur position approximative sur le sentier balisé, les deux jumelles de 20 ans de Kirkland, et leurs copains bizardiens du même âge, ont reçu une consigne claire: «Restez à cet endroit, on vient vous chercher». Car s’ils avaient décidé de s’aventurer plus loin, ils auraient risqué de tourner en rond indéfiniment ou de tomber dans les rapides non gelés.
La mission de sauvetage s’est avérée difficile. La visibilité était nulle et les vents soufflaient à 100km/h. Deux équipes de motoneigistes ont tenté de leur porter secours, mais en vain. Même les policiers se sentaient impuissants devant ces conditions climatiques extrêmes. «Nous ne pouvons rien faire pour vous, nous ne sommes pas équipés pour ce genre de sauvetage», aurait-on répondu à l’une des victimes qui aurait rejoint le 911 par téléphone.
Vers 21h, Johanne Lavigne, qui a pris en charge la coordination des secours, a eu l’idée d’appeler Marie Forté et son conjoint, Yves Desrochers, car elle savait qu’ils possédaient un GPS dans lequel était intégrée la carte du sentier 33, où se trouvaient les victimes. Le couple de motoneigistes n’a pas hésité à participer aux recherches, et à 21h30 une troisième expédition s’est élancée à l’aveuglette sur les glaces hostiles.
Suivant sa bonne étoile, en l’occurrence le signal GPS, Marie a guidé sa troupe de neuf motoneigistes à travers le désert de poudrerie. Deux d’entre eux faisaient un cercle constant autour du reste du peloton qui avançait à tâtons. Au bout d’un moment, la peur s’est installée et Marie a craint de conduire son équipe vers la mort. Avec le support de ses amis qui lui disaient «fait confiance au GPS, on va y arriver», elle a réussi à mener la mission à terme.
Ce n’est qu’à 22h50 que les sauveteurs ont aperçu finalement les phares d’un des véhicules perdus. Les jeunes en détresse étaient couchés les uns contre les autres et attendaient patiemment les secours. 45 minutes plus tard, l’équipe héroïque était de retour au relais du Centenaire, où des parents et amis les ont accueillis avec émotion. Après une séance de compresses chaudes, sous les conseils d’un infirmier qualifié, les naufragés de la tempête ont regagné sains et saufs leurs foyers respectifs.
En plus de Marie et de son conjoint, l’équipe de sauveteurs était constituée de Marius D’Auteuil, président du CANIB, Lionel Pilon, Guy Wilson, Michel et Guy Gaboriault, Carole Brisebois et Denis Pilon.
Le CANIB célèbre son 40e anniversaire
Cet acte de courage coïncide, à quelques semaines près, avec le 40e anniversaire du Centre d’auto-neige Île-Bizard, qui a vu le jour le 22 mars 1968. Pour célébrer l’événement, le CANIB, seul regroupement de motoneigistes dans la région métropolitaine, invite ses 300 membres et la population en général à un souper dansant qui aura lieu au centre socioculturel de L’Île-Bizard, le 29 mars prochain, à 18h.
(Photo: Marie-Claude Simard)