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«Un paquet de menteries»

Le professeur Georges Sioui raconte une autre Histoire

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 15 mars 2008 à 9:43
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«Un paquet de menteries»
Georges Sioui discute avec une étudiante crie après sa conférence mardi dernier. (Photo:Marie-Claude Simard)
«Un paquet de menteries»
Le professeur Georges Sioui raconte une autre Histoire
À l’âge de six ans, dans son cours d’histoire, Georges Sioui s’est fait expliquer par une religieuse comment son peuple, les Hurons, avait été sauvage et ingrat envers les hommes de l’église. De retour à la maison, il en a discuté avec son père. «C’est un paquet de menteries!», a déclaré l’aîné.
«Tu écriras d’autres livres! Pour l’instant, obtiens de bonnes notes», avait-il ajouté. Le jeune huron au teint pâle n’a pas manqué de suivre les conseils de son père, et plusieurs années plus tard, a obtenu un doctorat de l’Université Laval, et publié de nombreux livres et articles dans lesquels il raconte une autre Histoire.

Aujourd’hui professeur à l’Université d’Ottawa, Georges Sioui a donné une conférence au Collège John Abbott, le mardi 11 mars, devant une centaine d’étudiants. Invité par le Centre de ressources aux étudiants autochtones de l’établissement, l’auteur de Pour une histoire amérindienne de l’Amérique s’est exprimé avec simplicité sur les failles de l’enseignement actuel de l’histoire, les valeurs autochtones en général, et les grands projets que Blancs et Indiens peuvent accomplir ensemble.

Le quinquagénaire a du mal à s’expliquer comment la vraie nature hospitalière des peuples autochtones a pu être si mal transmise dans les livres d’histoire. «Nous avons accueilli les Européens chaleureusement, nous leur avons montré comment survivre à l’hiver, nous les avons protégés», affirme-t-il. L’historien n’aime pas non plus la réputation de «bon indien» qui est perpétuée au sujet des Hurons. «C’est insultant, comme si nous étions stupides et nous nous laissions manger la laine sur le dos!, dit-il avec des yeux rieurs. J’étais bien content, quand j’ai vu le film Le dernier des Mohicans et que le méchant était Huron!»

Depuis 2004, Georges Sioui coordonne le programme d’études autochtones à l’Université d’Ottawa. «Il y a de plus en plus d’élèves, mais ce n’est pas assez, j’aimerais qu’il y ait une université entière», déclare le visionnaire. Selon lui, les autochtones ont un rôle important à jouer dans les enjeux de la société moderne, particulièrement la protection de l’environnement. «Les Inuits, les Métis et les membres des Premières Nations, nous devons être inclus dans les prises de décisions concernant la protection de Mère-Terre», explique-t-il.

Georges Sioui considère que les autochtones ont encore de profondes blessures à panser. «Toutefois, il ne faut pas se sentir comme des victimes, car on a tellement à faire pour le monde en tant qu’Indien», ajoute-t-il. Faisant allusion aux souffrances qu’ont endurées les élèves des pensionnats, il poursuit: «Plusieurs ont reçu des compensations financières du gouvernement, c’est un début...Quand nous aurons fini de nous soigner, nous pourrons apporter notre réelle contribution.»

Aux gens qui lui demandent si les Amérindiens en veulent aux blancs, pour tout ce qu’ils ont enduré, l’érudit répond, «non, on n’est pas rancunier. Dans le fond, nous voulons tous vivre ensemble paisiblement, car nous faisons tous partie du grand Cercle de la vie.»

(Photo:Marie-Claude Simard)

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