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Dans la peau de Mohamed Kohail

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 23 avril 2008 à 14:04
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Dans la peau de Mohamed Kohail
Dans la peau de Mohamed Kohail
«Comment se sent-on dans la peau d’un homme condamné à être décapité sur la place publique pour un crime qu’il n’a pas commis?» Telle est la question qu’a lancée Mamoud, l’ami de Mohamed Kohail, lors d’une assemblée de militants qui se portent à la défense du jeune homme de DDO.

Se mettre dans la peau de quelqu’un, ressentir ce qu’il ressent, relève de l’empathie. Faculté honorable qui mérite d’être développée. Tentons l’expérience.

Mohamed a 22 ans. Il est en prison, à Jeddah, depuis janvier 2007. Le mois dernier, le tribunal saoudien l’a condamné à avoir le cou tranché. Il met tout son espoir dans l’intervention du gouvernement canadien.

Concentration. Je suis dans une cellule, en Arabie Saoudite, un destin tragique me pend au-dessus de la tête…Fait-il chaud, suis-je seule, ai-je en ma possession un crayon, un papier pour évacuer mes idées noires?

Inimaginable. Se mettre dans la peau de Mohamed relève du cinéma. Une tâche beaucoup trop difficile pour le commun des mortels.

Essayons autre chose.

Comment se sent-on avec Mohamed dans la peau?

À bien y penser, je me sens un peu engourdie, juste là, à l’endroit où son nom s’est planté. Est-ce une piqûre au cœur, à la tête ou à l’âme? Je ne saurais dire. J’admets toutefois que je ne ressens pas grand-chose, sinon une sorte de confusion.

Fort heureusement, la confusion, aussi primitive soit-elle, est une forme de conscience. Nul doute, je suis consciente de ce qui arrive à ce jeune homme, qui en 2005, a prêté serment devant le juge de la citoyenneté. «Les nouveaux citoyens sont officiellement accueillis au sein de la grande famille canadienne et acceptent formellement les droits et responsabilités rattachés à la citoyenneté canadienne», peut-on lire sur le site de Citoyenneté et Immigration Canada.

Tout compte fait, qui a besoin de se faire du cinéma quand tout est clairement dit dans les documents de notre gouvernement? Noir sur blanc, c’est écrit: depuis 2005, Mohamed est notre frère.

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