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L’épave du Lac Simon sort de l’abysse

Tony Chiavazza trouvera fort probablement le repos éternel à Sainte-Anne-de-Bellevue

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 6 juin 2008 à 15:49
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L’épave du Lac Simon sort de l’abysse
Tony Chiavazza trouvera fort probablement le repos éternel à Sainte-Anne-de-Bellevue
Une expédition de chasse s’était terminée tragiquement en novembre 2007, emportant dans les profondeurs du lac Simon un résidant de Saint-Anne-de-Bellevue. Après avoir reposé pendant plus de 50 ans dans ces profondeurs abyssales, Tony Chiavazza sera fort probablement enterré auprès de ses parents et de sa sœur Annette prochainement.
Encore faut-il attendre les résultats des tests d’ADN. Les corps, qui ont été repêchés les 12 et 13 mai n’ont toujours pas été identifiés. Sébastien Chiavazza, le frère aîné de Tony, a fourni des échantillons de sang et de cheveux au coroner pour aider au processus d’identification.

«Ils ont repêché trois corps sur quatre, raconte la nièce du chasseur, Marie-France Chiavazza, qui était sur les lieux lorsque les plongeurs de la Sûreté du Québec sont descendus au fond du lac. Deux corps ont été retrouvés à l’extérieur de la carlingue et un autre à l’intérieur.»

C’est justement cette dépouille, retrouvée derrière le siège du pilote qui pourrait être celle de l’électricien de Sainte-Anne-de-Bellevue. «Les responsables n’ont pas permis aux membres des familles de voir les corps, mais ils nous ont dit que celui retrouvé dans l’avion était de petite stature et avait été très bien conservé à cause du froid», explique la femme de 42 ans. Mon oncle était justement très petit et à cause de sa taille, il paraît qu’il s’assoyait toujours à l’arrière de la cabine lors de ces voyages de chasse», pousuit-elle.

Marie-France Chiavazza n’a jamais connu son oncle célibataire, dont tout le monde vantait son charme irrésistible. Toutefois la disparition de cette figure légendaire n’a pas manqué de marquer son imaginaire, ainsi que celui de sa sœur et de son frère. «On lui disait qu’il ressemblait sûrement à l’oncle Tony, se souvient-elle en parlant de son frère. D’une certaine façon, la sortie de l’avion du lac met fin à notre légende.» Elle considère toutefois qu’il est bon que le corps de son oncle soit rapatrié auprès de ses proches. On fait cela en partie pour honorer la mémoire de ma grand-mère qui a tellement souffert d’avoir perdu son petit dernier.»

La disparition de Tony a certes créé un vide dans cette famille peu nombreuse, issue d’un couple italien qui s’est installé à Sainte-Anne-de-Bellevue après la première guerre mondiale. René Simard, le mari de la défunte sœur de Tony, trouve une grande satisfaction dans le dénouement de cette histoire et se charge de tenir au courant les Chiavazza du vieux continent. «Ils veulent tout savoir», explique l’octogénaire.
L’accident
En novembre 1957, Tony alors âgé de 28 ans, en compagnie de quelques amis, avait entrepris un voyage de chasse au lac au Diable, à 60 km au nord du mont-Tremblant. Un hydravion faisait le relais entre le camp de chasse et le lac Schreyer, non loin du lac Simon, à 40 km au nord de Montebello. Le jour de leur retour, le 21 novembre, de fortes rafales soufflaient et la neige tombait abondamment. Le Republic RC-3 Sea Bee n’est jamais arrivé à bon port.
Plusieurs expéditions de recherche ont été effectuées en vain durant ce demi-siècle de mystère qui a moussé la notoriété de ce lac si profond. Ce n’est que le 4 octobre dernier, qu’une poignée d’ingénieurs passionnés de plongée sous-marine, Guy Morin, Chris Koberstein et Dan Scoville, ont réussi à descendre à plus de 200 pieds et à retrouvé l’épave légendaire.

À la lueur de cette découverte, la SQ a éventuellement pris la décision de repêcher l’épave et les corps des disparus. Les plongeurs de la SQ ont entrepris cette descente il y a deux semaines, devant une cinquantaine de curieux et de proches des victimes. Les résultats des analyses seront connus dans un délai indéterminé.

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