Un centre de tri à la fine pointe sera installé au bas de la carrière afin d’augmenter la durée de vie de ce dépôt de matériaux secs. (Photo: courtoisie)
Un centre de tri à la fine pointe
Qui produira de trois à quatre fois plus de matières recyclables
C’est maintenant confirmé, un centre de tri des matières recyclables sera installé et ouvert au printemps 2009 sur le site d’enfouissement actuel de matériaux secs de Pierrefonds.
Lorsque ce site d’enfouissement situé au nord de la rue Oakwood entre les axes du boulevard Saint-Charles et de la rue Sainte-Anne avait commencé ses opérations, il s’agissait d’un endroit où on espérait enfouir 4000 millions de tonnes de matériaux secs.
À l’heure actuelle, on estime qu’il ne reste plus que 1500 millions de tonnes d’espace disponible et qu’il serait plein d’ici 2015.
Comme seulement 15-16 % des matières sèches (gros morceaux de métal et de bois) sont récupérées, le site se remplit rapidement.
Lorsque nouveau centre de tri -un projet de l’ordre de 8M$- verra le jour au printemps, ce sont de 50 à 60 % des matières qui seront recyclées et le site devrait ainsi prolonger sa durée de vie jusqu’en 2022.
Les matériaux qui y sont enfouis proviennent de conteneurs commerciaux de construction et de démolition d’un peu partout sur l’île de Montréal et même d’ailleurs. Le centre de tri qui sera aménagé au bas du site d’enfouissement, comparativement à en haut à l’heure actuelle permettra de n’avoir aucune répercussion négative pour le voisinage selon Gilles Mousseau, copropriétaire de Les entreprises environnementales Pierrefonds (LEEP) qui gère le site d’enfouissement.
«Il y a des gens qui ont vécu des étés misérables par le passé. Mais le problème des odeurs est réglé depuis septembre de l’année passée. Le projet est très structuré et il n’y aura pas d’inconvénients au niveau du bruit ou de la poussière pour le voisinage», assure-t-il.
Processus
Le processus qui permettra de récupérer de trois à quatre fois plus de matières sera beaucoup plus impressionnant qu’il ne l’est maintenant.
Une pelle mécanique déposera les matériaux sur un convoyeur qui partira de l’extérieur de la bâtisse et qui les amènera à l’intérieur. Les gros morceaux et les petits (8po et moins) seront séparés dès le début. Les types de matériaux seront ensuite envoyés dans différents compartiments selon qu’il s’agit de papier, carton, bois, métal, gypse, agrégat ou plastique.
Ce qui n’est pas récupérable, les rejets, seront envoyés à l’enfouissement. Ce système permettra à des milliers et des milliers de tonnes de matières à être recyclées, récupérées et d’avoir une deuxième vie.
Le papier, le carton et le plastique par exemple, seront pressés et envoyés au recyclage. Le bois, le métal et le gypse seront pour leur part envoyés ailleurs pour être broyés et/ou réutilisés.
Endroit vert
Lorsque le site d’enfouissement sera plein en 2022, le terrain sera remis à l’arrondissement qui pourra en faire ce qu’il veut.
Le dernier mètre avant d’atteindre le niveau du sol doit être rempli par de la glaise (afin de bien sceller et séparer les choses enfouies du reste), du sable et de la terre. On peut déjà voir sur une portion du site qui est remplie à capacité que de la verdure commence à y pousser.
«C’est la ville qui va décider ce qu’elle fera avec le terrain. Je ne croirais pas que ce soit faisable d’y faire une construction, mais cela pourrait facilement faire un grand parc», explique Gilles Mousseau, qui a bien hâte de se mettre aux travaux dès qu’il aura l’approbation finale du gouvernement provincial.
Il s’agira du premier centre de tri avec une technologie du genre au Québec et dès 2009 sera en opération. Même s’il est géré pour recevoir les matériaux d’entreprises privées, le site accepte tout de même ceux des résidants moyennant une somme minimale de cinquante de dollars.