Tous les jours, des clients poussent les paniers à l’extérieur du stationnement du Super C sur le boulevard Pierrefonds. Richard Perreault et ses employés doivent les récupérer. (Photo: Jacques Pharand)
La politique du panier d’épicerie
Le directeur du Super C fait le tour de la question
Les paniers d’épicerie font beaucoup de millage et souvent bien au-delà des limites du stationnement du magasin. Le mauvais traitement qu’ils subissent coûte cher aux propriétaires qui en fin de compte doivent augmenter les prix des aliments pour payer la note.
Des paniers abandonnés aux arrêts d’autobus, dans les stationnements des immeubles à appartements ou en plein milieu de quartiers résidentiels sont des phénomènes quotidiens auxquels aucune épicerie de la région n’échappe. Pourtant, les règles sont claires: «les paniers ne doivent pas sortir des limites du stationnement», peut-on lire sur la porte de sortie du Super C de Pierrefonds.
Le directeur de cet établissement, Richard Perreault, déplore cette situation. «Comment voulez-vous qu’on maintienne nos politiques de bas prix sur les aliments lorsqu’il faut dépenser des milliers de dollars en entretien, réparation et remplacement de paniers?», demande le gestionnaire.
En effet les dépenses montent vite. Chaque fois que la ville ramasse un panier égaré, il en coûte au propriétaire. «La dernière fois que je suis allé récupérer mes paniers à la fourrière, ça m’a coûté 3500$, explique M. Perreault. C’est 50$ par panier et il y en avait 70.»
Encore faut-il se compter chanceux quand les paniers sont récupérés. Chaque année, des dizaines de paniers disparaissent tout simplement. «Chaque panier vaut 250$, poursuit le directeur de magasin. Depuis février, j’estime que nous en avons perdu 65.» Il coûterait donc plus de 16 000$ à l’entreprise pour remplacer les paniers perdus.
De plus, les excursions en dehors des limites du stationnement causent des dommages dont la réparation augmente la facture. «Cette année, on a changé au moins 120 roues, estime Richard Perreault. À raison de 25$ la roue, ça monte vite!»
C’est aussi pour une question de sécurité que les paniers doivent demeurer sur le terrain de l’entreprise. D’ailleurs, la Ville a émis un règlement municipal à cet effet et les policiers peuvent à tout moment donner une contravention de 50$ et plus à tout contrevenant. «Les gens ont occasionnellement des comportements dangereux avec les paniers, explique M. Perreault. Il arrive que les jeunes fassent des courses sur les trottoirs ou que les paniers roulent jusqu’au milieu de la rue et causent des accidents.»
Il semble toutefois difficile de trouver une solution au problème. De toute évidence, la plupart des personnes qui partent avec les paniers d’épicerie n’ont pas de véhicule. Beaucoup d’entre elles sont des personnes âgées qui n’ont pas la force physique de traîner leur sac.
«Il faudrait que les gens fassent des épiceries de la grosseur qu’ils peuvent transporter, quitte à venir plus souvent», suggère le directeur du Super C. Ce dernier considère également que la ville pourrait offrir des paniers roulants aux aînés et que ces derniers pourraient les rapporter chez eux.
Malgré tous ces problèmes, il est hors de question de retourner en arrière et d’empêcher les clients de les sortir du magasin. «Ça occasionnait trop de problèmes au niveau de la circulation automobile, car tout le monde se garait près de la porte de sortie pour récupérer son épicerie. S’en était dangereux et les gens perdaient beaucoup de temps», renchérit le directeur qui malgré tout dit adorer son travail.