Les citoyens de Pointe-Claire sont fatigués des vols de nuit
Si les fenêtres entrouvertes laissent entrer d’agréables bouffées d’air durant les nuits chaudes, elles laissent aussi pénétrer le bruit du trafic aérien nocturne, au grand dam de plusieurs citoyens de Pointe-Claire.
Lors de la séance du conseil municipal, qui s’est tenue le lundi 25 août, quatre personnes ont exprimé avec éloquence leur exaspération et celle de leurs voisins en ce qui concerne le bruit des avions qui les empêche de dormir. Selon ces citoyens en carence de sommeil, la situation n’a jamais été aussi pire que cette année.
S’adressant au maire au nom des résidants de son quartier, un citoyen qui demeure sur Bord-du-lac, Malcolm Johnson, s’est dit exaspéré de la situation. «Ça fait 38 ans que je demeure sur Bord-du-lac et honnêtement, ça n’a jamais été aussi pire! a-t-il lancé. Si vous ne faites rien, le quartier va venir ici en masse, car on en a vraiment assez!»
Une résidante de la rue King a touché le cœur de l’assemblée en parlant de son fils de qui se réveille pratiquement à toutes les heures de la nuit à cause du bruit. «L’avion a volé mon rêve», lui aurait dit son fils, lors d’une insomnie. «Je suis déménagée ici pour l’excellente la qualité de vie à Pointe-Claire, mais avec ce bruit, on la perd complètement», a ajouté la mère.
Une autre résidante s’étonne de l’apparente passivité du conseil de ville. «Vous ne faites pas assez pour nous protéger, a-t-elle dit. On entend parler des autres villes, Mont-Royal, Lachine, Saint-Laurent et Laval, qui militent pour l’interdiction des vols de nuit et vous, vous ne faites rien.»
Le maire de Pointe-Claire qui siège au sein du Comité consultatif sur le climat sonore mis sur pied par ADM (Aéroports de Montréal), a tenté de calmer l’auditoire en expliquant que la situation est temporaire. «La fréquence des avions n’a pas soudainement augmenté, mais, à cause des travaux sur la voie de circulation de la piste 24G qui ont commencé en mai, ils ont été plus nombreux à décoller au-dessus des rues de Pointe-Claire. Tout devrait rentrer dans l’ordre à la fin de septembre», a affirmé Bill McMurchie.
Le maire ne nie certes pas, qu’il y a place à améliorations. Toutefois, le conseil n’ira pas jusqu’à demander l’arrêt des vols de nuit. «Une telle résolution causerait inévitablement la fin de l’aéroport, déclare-t-il. Par contre, nous avons demandé fermement à ADM de tout faire pour réduire au maximum l’empreinte sonore du trafic aérien.»
Suite à la requête d’un citoyen, Bill McMurchie va entamer les procédures pour que les minutes des réunions du comité comité consultatif d’ADM soient rendues publiques et affichées sur le site de la ville. Le maire précise toutefois que la priorité des spécialistes du trafic aérien est d’établir, en tenant compte des vents dominants de la région, des trajectoires avant tout sécuritaires.
Immédiatement après cette remarque, Malcolm Johnson s’est exclamé: «croyez-moi, ce n‘est pas sécuritaire de tenir vos citoyens éveillés toute la nuit!».
Pas doré, l’âge d’or!
Le sujet transport en commun pour les personnes âgées a également monopolisé une partie de la période de questions lors de cette séance du conseil à Pointe-Claire. Depuis près de 30 ans, les personnes de 65 ans et plus peuvent recevoir gratuitement, à leur demande, une quinzaine de billets d’autobus et de train par mois. Toutefois, cette année, les retraités doivent remplir un questionnaire, sur leur situation financière s’ils veulent avoir droit à ce privilège.
Plusieurs résidants du troisième âge s’offusquent de cette nouvelle démarche, d’autant plus qu’ils doivent fournir une copie de leur avis de cotisation d’impôts. Le maire insiste qu’il ne s’agit que d’un sondage pour connaître qui sont les utilisateurs de ce service. Louise Rodd, 74 ans, refuse, comme plusieurs autres retraités présents, de fournir l’information qu’elle considère personnelle. «Ce n’est pas parce que j’ai 74 ans que je vais me laisser faire, dit-elle. Honnêtement, ce n’est pas toujours doré l’âge d’or !».