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Le français à John Abbott

faire sa rentrée dans une autre langue

par Olivier Laniel
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Article mis en ligne le 12 septembre 2008 à 15:56
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Le français à John Abbott
Pour Marie Lachapelle, francophone et nouvelle étudiante au cégep John Abbott, «apprendre l’anglais ouvre des portes». (Photo: Jacques Pharand) -30-
Le français à John Abbott
faire sa rentrée dans une autre langue
Un cégep anglophone où près du quart de sa population (1320 élèves) est francophone. C’est la réalité linguistique du collège John Abbott situé en plein cœur de l’Ouest-de-l’Île.
En entendant parler dans les corridors et en lisant les affiches unilingues anglaises, nul doute qu’on est à John Abbott. Pour Marie Lachapelle, francophone et nouvelle étudiante au cégep, «apprendre l’anglais ouvre des portes». L’intégration au système anglophone s’est passablement bien déroulée: «c’est facile d’écouter les cours, mais c’est plus dur de prendre des notes», ajoute-t-elle. La collégienne de 17 ans se dit néanmoins surprise d’être entourée d’autant de francophones dans ses classes.

Son amie Roxanne Dubé, qui fait aussi son entrée au cégep, a été prévenue par son frère du grand nombre de francophones sur le campus. Les multiples activités sportives et le désir de perfectionner son anglais l’ont convaincu de venir étudier à John Abbott.

Une autre amie, Marianne Brabant, a quant à elle choisi d’étudier en anglais par « défi personnel». La cégépienne admet toutefois que le plus difficile sera de remettre les devoirs dans la langue de Shakespeare. D’ailleurs, sauf exception, tous les travaux doivent être remis en anglais.

Si quelques élèves francophones choisissent l’établissement scolaire pour des raisons de proximité, plusieurs veulent tout simplement devenir bilingues. Les voyages et le désir de poursuivre les études dans une université anglophone sont d’autres raisons qui poussent certains jeunes à choisir ce cégep.

Pour sa part, Daniel Rondeau, professeur de français à John Abbott est persuadé que «plusieurs élèves francophones étudient en anglais pour fuir le réseau français». Nombre d’entre eux auraient des lacunes au niveau de leur français écrit croit le professeur. En choisissant d’étudier en anglais au collégial, les élèves n’ont que deux cours de français, comparativement à quatre dans le réseau français. Par ailleurs, l’enseignant remarque que «les étudiants anglophones sont beaucoup moins réticents au cours de français qu’à l’époque du référendum de 1995».

Enfin, les cégépiens ayant des lacunes en anglais ne sont pas laissés à eux même assure David Campeau, responsable des communications à John Abbott. «Ce n’est pas facile pour un étudiant francophone de changer son mode de vie et d’étudier en anglais» souligne M. Campeau. Des cours de mise à niveau et un centre d’aide en anglais sont mis à la disposition de ceux qui en ont besoin.



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