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Fée du costume

par Corinne Laberge
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Article mis en ligne le 12 septembre 2008 à 16:06
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Fée du costume
Durant son cégep, Jessica Poirier-Chang est tombée en amour avec l’univers de la scène. (Photo: Jacques Pharand)
Fée du costume
Conceptrice de costumes pour le théâtre, Jessica Poirier-Chang œuvre dans l’ombre, alors que ses créations, elles, se retrouvent à l’avant-plan sur scène. Le tout dernier exploit de cette jeune femme de Pierrefonds? Créer 40 costumes en trois semaines pour l’imposante distribution de Dangerous Liaisons. Portrait d’une artiste douée qui aura tôt fait d’imposer sa signature dans le métier.
«J’ai assisté à une pièce de théâtre au Cégep et je suis tombée en amour avec cet univers et toute la magie qui s’en dégage», raconte Jessica Poirier-Chang. «J’ai étudié en Beaux-Arts, puis en scénographie à l’École nationale de théâtre, avant de commencer à travailler à la conception de costumes pour des productions d’Alexandre Marine», poursuit celle qui a eu la chance de se faire remarquer par le metteur en scène dès sa graduation, en 2006. «Alexandre actualise plusieurs textes classiques pour un public contemporain. Son esthétique avant-gardiste se rapproche de la mienne et notre facture visuelle est à la même page. C’est la cinquième fois qu’on travaille ensemble et je le respecte beaucoup en tant qu’homme et en tant que metteur en scène», rapporte-t-elle.
Après Crime et châtiment au Monument National et Marie Stuart au Rideau Vert, Jessica Poirier-Chang fait partie de l’équipe de la pièce Dangerous Liaisons, présentée au Leanor and Alvin Segal Theatre jusqu’au 28 septembre prochain. Le roman de Pierre Choderlos de Laclos (1782), ici adapté par Christopher Hampton et mis en scène par Alexandre Marine, reprend vie sur scène et la touche personnelle de la jeune conceptrice se cache derrière chaque costume porté par la troupe de 16 comédiens. Un projet qui s’est révélé un défi de taille.
Dessine-moi… 40 costumes!
«J’ai dû composer avec certaines contraintes et je me suis retrouvée avec un délai de trois semaines pour faire la quarantaine de costumes. J’ai magasiné tous les tissus en seulement trois jours, c’était complètement fou!», sourit Jessica. «Je me suis d’abord lancée dans une recherche intense sur l’époque, sur les couleurs, les tissus, les broderies et les textures. J’ai loué tous les films qui ont été faits sur Les Liaisons Dangereuses (version française), pour parfaire mes connaissances et voir comment les autres concepteurs ont interprété les personnages. Ça m’a beaucoup nourri, puis il fallait fermer les livres et commencer à dessiner».
«J’ai voulu capter le raffinement et la somptuosité qui rappellent l’époque, avec un point de vue moderne, à la fois contemporain et élégant. Je m’imprègne de l’époque pour la comprendre, mais je crée quelque chose de nouveau. J’invente mon propre univers, inspiré mais distinct, dans lequel les costumes prennent tout leur sens», explique Jessica, à qui l’art du costume va comme un gant. «J’aime la façon dont je raconte les histoires, en contribuant avec mes capacités à transporter les spectateurs ailleurs. Puis notre personnalité s’infiltre dans nos créations, c’est pourquoi il n’y a jamais de produit fini. On apprend tous les jours de façon évolutive et on grandit d’une pièce à l’autre. Comme quoi les costumes des Liaisons Dangereuses seraient probablement très différents si je les refaisais dans dix ans!», estime la jeune femme, qui réside à Pierrefonds depuis 25 ans. «Les gens vont au théâtre sans être conscients de toute la recherche qu’il y a derrière les décors et les costumes. Notre rôle est d’appuyer l’histoire en la racontant à notre manière.» Et quelle est la clé du succès, selon elle? «Il faut être passionné, innovateur, s’amuser et rester ouvert à tout», de répondre en terminant Jessica.

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