Carte du secteur (350 hectares) de Pierrefonds-Ouest qui fera l’objet d’un projet de conservation et de projets immobiliers. La ligne blanche délimite les 180 acres, qui feront partie du Corridor écoforestier de la rivière à l’Orme.
Pierrefonds Ouest: un beau projet de conservation, mais aucune entente concrète pour le moment
La conseillère responsable des Espaces verts, Hélène Fotopulos, a présenté au comité exécutif de Montréal, le 17 septembre dernier, un projet de conservation qui ultimement, englobera 268 hectares dans le secteur ouest de Pierrefonds. «Un parc plus grand que celui du Mont-Royal», a expliqué la politicienne.
Lors de cette réunion du comité exécutif qui, exceptionnellement, s’est déroulée en public à la Salle Pauline-Julien dans l’arrondissement L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève, Hélène Fotopulos a expliqué que180 hectares s’ajouteront au Parc-Nature de l’Anse-à-l’Orme actuel de 88 hectares, ce qui constituera selon cette dernière, le plus grand projet d’agrandissement de parc que Montréal ait connu.
Toutefois, il y a loin de la coupe aux lèvres. Il reste encore à convaincre les propriétaires et promoteurs qui possèdent ces 180 hectares de les céder à la ville et de prendre en charge une partie considérable des dépenses reliées à la réalisation et au fonctionnement du futur parc de conservation.
La seule entente réelle pour l’instant, c’est un contrat que la ville donne à l’organisme Canards Illimités, accompagné d’une participation financière de 675000$, pour que l’OSBL fasse l’assemblage immobilier de la zone visée. Ainsi, Canards Illimités devra obtenir des promesses de cession de terrains, élaborer un montage financier et négocier une entente collective avec les 10 propriétaires concernés.
«En termes d’entente avec les promoteurs, non seulement rien n’est dans le ciment, rien n’est dans la bétonnière», illustre Bernard Fillion, directeur de la société de conservation reconnue en aménagements faunique.
La ville demeure optimiste et campe clairement sa position: peu importe le temps que les négociations prendront, il n’y aura aucun développement résidentiel dans Pierrefonds-Ouest tant que le projet de zone de conservation ne sera pas complété. «Pour faire un projet immobilier, il faut l’accord de la ville pour avoir accès aux divers services et infrastructure», explique Hodder, chef d’équipe qui travaille sur le projet depuis deux ans. La ville ne donnera pas son aval au développement tant qu’un accord collectif avec les propriétaires, qui à eux tous possèdent 350 hectares dans le secteur de Pierrefonds-Ouest, ne sera pas signé.
Stratégie immobilière
Mais comment convaincre ces propriétaires de céder ces 180 hectares situés dans le corridor de la rivière à l’Orme pour un projet de conservation? «Il s’agit d’une stratégie immobilière, explique M.Hodder. C’est comme les projets immobiliers autour des terrains de golf. Les promoteurs savent très bien que la proximité d’un grand parc augmente de façon significative la valeur de leurs propriétés. D'ailleurs, toutes les études démontrent que la conservation donne une valeur ajoutée de 15% à 20% aux terrains adjacents.»
Selon la Ville, les promoteurs reconnaissent qu’il y a une valeur ajoutée intéressante dans ce projet et acceptent d’investir dans la conservation. Mais dans quelle mesure? «Les frais associés à la constitution de la zone de conservation visée seront à la charge des promoteurs, répartis selon le potentiel de développement propre à chacun», apprend-on, lors de la réunion du comité. Ce qui complique les choses, c’est que certains propriétaires ne sont pas des promoteurs. D’autres le sont, mais aucune partie de leur propriété n’est incluse dans les 180 hectares visés. «Ils doivent tout de même contribuer puisqu’ils bénéficient de la valeur ajoutée», explique M.Hodder. De plus, une bonne partie de cette zone (moins de 50%) est constructible, ce qui rend les négociations encore plus difficiles.
Cette zone de conservation s’inscrit dans le grand projet de conservation du Corridor écoforestier de la rivière à l’Orme qui inclut deux autres chantiers à Beaconsfield et Sainte-Anne-de-Bellevue. Là aussi, on est toujours en négociations.