La vague Obama déferle sur l’Ouest-de-l’Île
Le mardi 20 janvier dernier, Barack Hussein Obama a prononcé un discours entendu par plusieurs millions d’individus. À la Cage aux Sports de Pointe-Claire, tous les écrans retransmettaient ce moment historique.
Dès l’ouverture des portes à 11h30, les clients ont commencé à arriver. Tous étaient là pour la même raison: Barack Obama. «Je n’aurais manqué cela pour rien au monde, raconte Lyne Chabot, résidante de Trois-Rivières en visite chez sa fille de Dollard-des-Ormeaux. La Cage aux Sports n’est pas mon type de restaurant, mais je me doutais bien qu’ils allaient diffuser l’inauguration.»
Le propriétaire du restaurant, John Cristofaro, n’a pas hésité à changer sa programmation habituelle. «C’est tellement gros comme évènement, on ne pouvait pas rater ça, explique M Cristofaro. D’habitude, le midi, on diffuse les émissions sportives comme Sportcentre, mais aujourd’hui, les gens ne sont pas venus ici pour voir des sports.»
James Adams était lui aussi au restaurant. Demeurant réaliste, il estime tout de même que Barack Obama peut influencer la dynamique mondiale. «C’est clair qu’il a le pouvoir de changer non seulement les États-Unis, mais aussi le monde entier.»
À midi pile, les conversations se sont tues, les ustensiles furent déposés. Tous avaient les yeux rivés sur les écrans et un silence soudain a envahi l’endroit habituellement cacophonique et animé. Personne ne doutait de l’importance, de la portée du moment qui se déroulait sous leurs yeux. Pendant 19 minutes, la trentaine de clients était suspendue aux lèvres du 44e président des États-Unis qui, indéniablement, livrait le discours le plus important de sa carrière.
Ellana Kent était là avec sa très jeune fille, Ruby. Elle tenait absolument à ce que son enfant soit témoin de cet événement. «Nous avons changé nos plans pour venir ici, je ne voulais pas manquer cela, ni pour moi, ni pour ma fille. Je veux pouvoir lui dire, lorsqu’elle sera plus vieille, qu’elle a vu cet événement historique.»
Mme Chabot en a aussi profité pour donner un conseil à nos politiciens québécois et canadiens. «Je crois que nos hommes et nos femmes politiques pourraient s’inspirer de Barack Obama. Il est capable de rallier les gens à sa cause, de réunir des gens de tous les milieux. Il cherche à bâtir, ou plutôt à rebâtir l’Amérique, et je trouve cela admirable.»
Bref, tout le monde avait son mot à dire sur le premier président noir des États-Unis et tous s’entendaient pour dire qu’il avait déjà accompli un exploit de taille: redonner à l’Amérique, et au monde entier, l’audace d’espérer.