Adela Joya étudie pour devenir infirmière auxiliaire. La directrice du Centre, Ginette Lévesque, lui tient lieu de patiente sur la photo. (Photo: Jacques Pharand)
Le prix du succès
À l'édifice Jacques-Mongeau de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), les programmes professionnels offerts en santé sont très populaires.
Lors de l'ouverture en 2007, l'école avait accueilli trois cohortes d'élèves en santé. Les programmes offerts mènent à une carrière comme infirmière auxiliaire ou comme préposée aux bénéficiaires, en milieu hospitalier ou à domicile. Deux ans plus tard, 14 cohortes étudient cette discipline au 3501, boulevard Saint-Charles, à Kirkland. Et on en prévoit davantage pour l'an prochain.
En fait, la demande est si grande que le CSMB a demandé cet automne une subvention de 2 385 400$ au ministère de l'Éducation, afin de pouvoir financer l'édifice Jacques-Mongeau. L'immeuble a été acquis il y a quelques années par la CSMB et devait s'autofinancer grâce à la location de locaux, explique Brigitte Léonard aux communications de la CSMB. Les trois programmes en santé sont si populaires que les espaces loués sont beaucoup moins nombreux qu'avant. Pour la même raison, certaines classes d'éducation aux adultes devront être déménagées au centre Jeanne-Sauvé, à Dorval.
«Il faut gérer la croissance et la qualité de la formation offerte. Surtout, il faut trouver des milieux de stages pour nos élèves. Le grand défi est là», affirme la directrice du Centre de formation professionnelle de l'Ouest-de-Montréal, Ginette Levesque. Plusieurs stages sont offerts en cours de route aux étudiants, en collaboration avec les CSSS de la région. Et lorsque ces élèves finiront leur scolarité, les CSSS de l'Ouest-de-l'Île et du Sud-Ouest se feront un plaisir d'aller recruter ces finissantes, au sortir de la classe.
Les programmes en santé sont très exigeants. «Sur les deux cohortes qui ont gradué, nous avions 22 étudiants au départ. Il en est resté 13 ou 14», explique Ginette Levesque.
Les salles de classe sont construites comme des chambres d'hôpital, avec salle d'isolement et bain hydraulique. Tout est pensé pour reproduire l'environnement où devront évoluer les futurs préposés et infirmières auxiliaires. On touche ici à ce qui explique le succès de l'école, en partie du moins. «J'ai choisi le programme ici après avoir fait le tour de ce qui existe», explique Linda Piché, une élève au programme Santé, assistance et soins infirmiers. Elle a œuvré dans la sécurité pendant 20 ans.
Aujourd'hui, cette Montréalaise habite le quartier Rosemont et effectue le trajet en autobus jusqu'à Kirkland, un périple aller-retour de 4h30 chaque jour. Pour sa collègue Adela Joya qui habite Côte-des-Neiges, l'aller-retour en autobus est de deux heures. «Les questions géographiques ou démographiques, ce n'est pas grave, quand on a la motivation», jurent-elles.