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Deux entreprises blâmées par la Commission de l'équité salariale

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 12 février 2009 à 16:54
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Deux entreprises blâmées par la Commission de l'équité salariale
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Deux entreprises blâmées par la Commission de l'équité salariale
Microserv, Solutions technologiques Dorval

et MicroAge, les systèmes NWD Inc. se sont fait taper sur les doigts à la fin de l'année passé pour n'avoir pas respecté la loi québécoise sur l'équité salariale.
Les deux entreprises en informatique ont été fondées dans les années 1980 et emploient plus de 50 personnes. L'enquête a été réalisée par la Commission de l'équité salariale. Les deux employeurs avaient 180 jours au moment de la décision pour réaliser la démarche en équité salariale et ajuster les salaires, s'il le faut.

Les employés de ces firmes ne sont pas syndiqués. Selon loi québécoise, chaque entreprise de 10 employés et plus doit évaluer les tâches des employés, en regard aux qualifications, aux responsabilités, aux conditions de travail et à l'effort physique et mental. Les métiers qui reçoivent la même cote, même s'ils sont dissemblables, devraient recevoir un salaire similaire, explique Johanne Tremblay, porte-parole de la Commission sur l'équité salariale.

Les deux entreprises, situées à l'ouest de Montréal, n'avaient carrément pas réalisé de démarche d'équité salariale, tel que le prévoit la loi pour les entreprises qui comptent 10 employés et plus. Et elles l'ont reconnu devant la commission.

Elles ne sont d'ailleurs pas les seules dans ce cas. Selon un rapport publié en 2006 par la Commission de l'équité salariale, une entreprise sur deux n'a toujours pas fait cette démarche. «Souvent, les employeurs ne sont même pas conscients de faire de la discrimination. 90% et plus des employeurs blâmés vont se conformer à la loi», explique Johanne Tremblay.
Loi québécoise
L'équité salariale ne consiste pas qu'à payer le même salaire aux gens d'un même corps de métier. Le principe de l'équité salariale est de payer un salaire égal à des métiers dont les compétences sont jugées équivalentes. Par exemple, un poste de directrice du personnel peut être vu comme équivalent à son homologue (bien souvent) masculin, de directeur des ventes.
«Les emplois traditionnellement féminins sont rémunérés de 15 à 20% plus bas que les emplois traditionnellement masculins», note-t-elle. «Les femmes ont intégré graduellement le marché du travail, et lorsqu'elles l'ont fait, c'était la suite de ce qu'elles faisaient à la maison: l'éducation, les services, la restauration, la santé… Elles n'étaient pas vues à ce moment-là comme des soutiens de famille, il s'agissait d'un revenu d'appoint. Leur emploi a été sous-évalué en partant.» En 2005 au Québec, le 2/3 des personnes travaillant au salaire minimum étaient des femmes.
Fille de bureau, petit boulot?
Nathalie Goulet, directrice du Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail, rappelle que le 3/4 des femmes au Québec se concentrent dans 10 emplois, sur une possibilité de 500, environ. Ces emplois sont souvent mal payés et il n'y a pas tellement de possibilités d'avancement. Parmi ces métiers: secrétaire, éducatrice, commis à la comptabilité. En effet, les filles sont majoritaires dans les services administratifs, et les écarts salariaux sont criants, selon Johanne Tremblay. «Par exemple, dans une petite entreprise de construction, la fille qui fait le secrétariat est aussi celle qui s'occupe de la comptabilité, de la gestion du personnel. C'est le genre d'emploi qui tient l'entreprise. Pourtant, elle est moins bien payée que les gars sur la route.»

Les deux compagnies blâmées, Microserv et Microage, n'ont pas retourné les appels du Cités Nouvelles.

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