Quelle place pour les jeunes à L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève?
Le 30 mai prochain, l'arrondissement L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève organise une vaste consultation publique pour les jeunes de son territoire.
Lors de cette rencontre, des tables animées seront formées afin que les jeunes participent activement au processus. Tous les jeunes de L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève sont invités, précise Alain Bernard, directeur culture, sport, loisirs et développement social à l'arrondissement. L'administration en place à L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève va réévaluer cette année les services offerts aux 12-17 ans, une table de concertation a été mise en place. L'an passé, l'arrondissement a fait appel à un consultant pour dresser un portrait de la situation. «Selon ce portrait, notre desserte pour les 12-17 ans est orientée vers les activités physiques et sportives encadrées, comme le soccer, la gymnastique, le hockey, etc.», explique Alain Bernard à l'arrondissement.
La coordonnatrice du Centre des jeunes, Julie-Anne Miron, fait le même constat. «Les jeunes qui veulent se retrouver ensemble n'ont pas d'endroit où aller, sauf au centre. Dans les parcs, ils se font tasser» constate-t-elle. «Si le jeune est un sportif, alors ça va. Mais sinon? Aussi, il ne faut pas oublier que certaines familles n'ont simplement pas les moyens d'inscrire leurs enfants dans une activité sportive.»
Tolérer la jeunesse
Selon Alain Bernard, deux constats sont à l'origine de cette mobilisation de l'arrondissement autour des ados. Il y a d'abord un constat de sécurité publique. «Nous avons remarqué qu'il y a eu certains actes de vandalisme dans nos parcs. Aussi, plusieurs activités spontanées de jeunes s'y déroulent.» L'autre son de cloche est venu du plan d'action pour les familles, mis en place en 2007. À la dernière séance du Conseil d'arrondissement qui s'est tenue au complexe pour retraités Vents de l'Ouest, le maire Richard Bélanger a tenu à faire le point sur le comité de sécurité de l'arrondissement. Et pour expliquer la raison d'être de ce comité, le maire a fait la liste des "problèmes" crées dans les espaces publics «par les jeunes», dont le bruit et les rassemblements.
«Je siège sur plusieurs tables de sécurité. Je fais partie de ceux qui défendent les jeunes. Les jeunes vont toujours se rassembler, et il faut un lieu pour cela», plaide Benoit Langevin, le coordonnateur de l'AJOI, l'Action jeunesse de l'Ouest-de-l'Île. Avec son coordonnateur et ses trois intervenants, l'organisme est un des seuls de la région à venir en aide aux adolescents en difficulté, sur tout le territoire de l'ouest de Montréal. «En tant que communauté, il faut faire attention au fils du voisin. Les jeunes, c'est l'avenir», plaide-t-il.
Selon lui, une autre approche est possible auprès des jeunes. Il donne comme exemple une des interventions de l'organisme à L'Île-Bizard lors de l'été 2007, alors que le poste de quartier 3 avait eu vent d'une organisation d'émeute par des adolescents. «Pendant quelques jours, notre intervenant a averti les jeunes de leurs droits et obligations quant à la tenue d'une manifestation. Le fait qu'ils doivent demander un permis à la Ville, par exemple. Il a organisé un barbecue dans le parc cette soirée-là. Il y a eu près de 45 jeunes qui sont venus. Et pas d'émeute.»
Des ados «en masse»
Selon les données du recensement par Statistique Canada en 2006, les 10-19 ans forment 16% de la population dans cet arrondissement. Il y a donc beaucoup d'ados et de préados à L'Île-Bizard et à Sainte-Geneviève.