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Zone agricole dans Pierrefonds-Roxboro

La demande d’exclusion d’un lot fait l’unanimité moins un

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 3 avril 2009 à 14:30
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Zone agricole dans Pierrefonds-Roxboro
(Photo: Marie-Claude Simard)
Zone agricole dans Pierrefonds-Roxboro
La demande d’exclusion d’un lot fait l’unanimité moins un
Mandaté par son conseil municipal, le conseiller David Webster de Senneville, a été le seul à voter contre la demande d’exclure de la zone agricole un lot de 19,87 hectares, situé dans Pierrefonds-Ouest, lors de la dernière séance du conseil d’agglomération.
Cette demande à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) avait, de prime abord, soulevé l’inquiétude dans plusieurs autres conseils municipaux de l’Ouest-de-l’Île. Montréal a toutefois su se faire rassurante lors d’une rencontre d’information offerte aux maires des villes défusionnées qui s’est tenue en matinée le 2 avril, jour du vote.

Le terrain qui fait l’objet de la demande, est représenté sur la carte de la CPTAQ par une mince bande verte qui traverse un zonage presque exclusivement résidentiel et non développé, appartenant en grande partie à Groupe immobilier Grilli inc. Dans ce secteur, situé entre l’avenue Château-Pierrefonds et le Cap-Saint-Jacques et qui s’étend sur un territoire aussi grand que celui de l’ancienne ville de Roxboro, environ 5500 résidences seront éventuellement construites, une fois que Montréal donnera son aval. Un Parc-Nature de 268 hectares verra également le jour.
Une décision difficile
Propriété d’André Lauzon, ce terrain constitue une des dernières terres agricoles de Pierrefonds-Roxboro. Descendant d’une famille d’agriculteurs ancrée dans la région depuis de nombreuses années, le retraité n’a pas pris cette décision à la légère, explique son courtier immobilier, Henri Primeau. La demande d’exclusion de son terrain de la zone agricole est une condition sine qua non d’une entente faite avec le Groupe immobilier Grilli inc. Il est important de mentionner que Monsieur Lauzon a cédé près de 400 000 pi2 de sa terre au projet de Parc-Nature qui sera créé dans l’écoterritoire de la rivière à l’Orme.
Du côté du village de Senneville, l’opposition à ce changement de zonage constitue un geste symbolique pour protester contre le développement urbain à grande échelle. «La construction de projets immobiliers et l’augmentation du trafic ne font pas partie de notre vision de développement de la région, explique le conseiller Jéremy Guth. D’autant plus que la terre de ce lot est une terre agricole d’excellente qualité.»

Selon l’agent immobilier Henri Primeau, la terre est peut-être classée 2, mais elle est gorgée d’eau et le système de drainage dans le secteur est inadéquat. Le courtier immobilier est catégorique, l’agriculture est une chose du passé dans Pierrefonds-Ouest. «Ça serait bien le fun d’avoir de l’agriculture en ville, mais ça ne se fait tout simplement pas. Il n’y a pas de structure (fournisseur de grains, de fertilisants, de pièces de machinerie) pour favoriser un volume de production minimal pour que ce soit rentable», explique-t-il.
Les maires des villes défusionnées sont rassurés et appuient la demande
En ce qui concerne Bill Tierney, maire de Sainte-Anne-de-Bellevue, ce n’est pas l’exclusion du lot de la zone agricole, en tant que telle, qui l’a inquiété. C’était plutôt l’incertitude, le manque d’information, quant à la façon dont se fera le développement du secteur.
Rencontré à proximité du terrain en question, deux jours avant la séance du conseil d’agglomération, le maire de Sainte-Anne-de-Bellevue a exprimé très clairement son opinion sur l’avenir de l’agriculture sur l’île de Montréal. «On ne peut pas être contre l’exclusion, car c’est logique que ça devienne résidentiel ici», déclare M.Tierney. Ça ne va pas durer l’agriculture, il n’y a pas de relève, il n’y a pas de développement agricole possible dans ce secteur». Selon le politicien, le zonage agricole doit, non seulement protéger des terres, mais favoriser l’essor agricole d’une région, ce qu’il ne trouve pas réaliste dans Pierrefonds-Ouest.

Il était donc nécessaire pour les maires de la région, d’obtenir de l’information sur l’échéancier et la façon dont s’exécutera le développement massif de Pierrefonds-Ouest avant de donner leur appui à la demande d’exclusion. «La question du trafic nord-sud nous préoccupe. On doit avoir des garanties que le gros développement ne soit pas déclenché avant que les infrastructures de transport ne soient en place», poursuit Monsieur Tierney.

Lors de cette présentation fermée aux médias, le contingent de Pierrefonds-Roxboro et de Montréal a clairement expliqué aux maires des villes défusionnées qu’aucun développement ne sera amorcé avant que les trois conditions suivantes ne soient rencontrées: la construction d’un boulevard urbain qui assurera la liaison avec l’autoroute 40; l’acquisition des 180 hectares nécessaires pour élargir le Parc-Nature de l’Anse-à l’Orme; et l’élaboration d’un PPU (programme particulier d’urbanisme) qui implique notamment des consultations publiques.

Selon Johanne Palladini, responsable des communications à Pierrefonds, rien ne semble bouger pour l'instant, du côté du ministère des Transports. Pour sa part, Bill Tierney ne croit pas que le développement du secteur commencera avant 2011. «Ça va prendre au moins 6 mois avec la CPTAQ, puis un an pour le PPU », prédit-il.

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