Fotopoulos dans les patates
La ville investit dans le parc agricole du Bois-de-la-Roche, quoiqu’en dise la politicienne
Ceux qui suivent notre série d’articles sur l’avenir de l’agriculture dans l’Ouest-de-l’Île se sont certainement désolés d’apprendre que la ville de Montréal n’avait toujours pas de projets immédiats pour le parc agricole du Bois-de-la-Roche et encore moins de budget à y investir pour le moment. Or c’est faux.
Il se trouve que la ferme D-Trois-Pierres a été désignée l’an dernier comme maître d’œuvre du projet de parc agricole du Bois-de-l-Roche à Senneville. Que la revitalisation des sols de ce parc a été entamée en août et que près de 100 000$ ont déjà été investis dans l’achat d’équipement. L’OSBL, qui est gestionnaire des terres de la ville de Montréal au Cap-Saint-Jacques depuis 25 ans, a le mandat de trouver la vocation de ces 190 hectares qui recouvre une superficie comparable à celle du Mont-Royal. Il ne s’agit toutefois pas ici d’une énième étude de faisabilité: la ville estime que dans cinq ans le parc s’autofinancera.
Or, lorsque le journal Cités Nouvelles a contacté Hélène Fotopoulos, membre du conseil exécutif de Montréal responsable des espaces verts et bleus, pour savoir quels étaient les projets pour ce territoire unique acheté par la Ville à de riches propriétaires de Senneville en 1991, la politicienne a affirmé que la ville n’anticipait rien de précis pour le moment.
«C’est notre intention de faire quelque chose un jour, mais c’est difficile sans le budget. (…) Avoir de l’agriculture sur l’île de Montréal c’est du développement durable, mais ce n’est pas une priorité à ce stade-ci.» Ce qui est merveilleux avec la langue de bois c’est qu’elle ne véhicule ni vérité, ni mensonge. Il est donc difficile d’accuser Mme Fotopoulos d’avoir menti. On peut toutefois affirmer que la conseillère responsable du plus grand projet d’agriculture urbaine au Québec est carrément dans les patates.
C’est en appelant la ferme D-Trois-Pierres pour avoir de l’info sur leurs paniers biologiques que le journal Cités Nouvelles a appris que le projet était en pleine effervescence. Le directeur général lui-même, André Trudel, nous a informés que lors du renouvellement de leur protocole d’entente en 2008, Montréal leur a demandé de redonner le caractère agricole au Bois-de-la-Roche. Le gestionnaire s’est d’ailleurs dit surpris de lire notre article intitulé Qu’advient-il du parc du Bois-de-la-Roche?dans lequel la Ville affirmait que tout était au point mort. «On a transféré votre article à la Direction des grands parcs» a-t-il précisé.