Il n’en reste plus rien
À cet endroit s’élevait la fameuse tour de Senneville, lieu mythique dans l’Ouest-de-l’Île.
Elle est située sur un terrain boisé, entre deux maisons. Le terrain n’est pas habité par son propriétaire. Mise sur pied en 1860 par la riche famille Morgan, cette tour était un réservoir d’eau, construite selon un courant architectural dit «pittoresque», en vogue à l’époque.
Son allure de château médiéval en avait fait un lieu de rassemblement de fêtards dans la région, au grand dam du voisinage. Elle a finalement été détruite au mois d’avril, malgré la controverse. En octobre dernier, le village de Senneville a adopté une résolution pour émettre un permis de démolition, de nombreux citoyens du village se sont opposés au projet. La tour est un témoignage unique de l’histoire et du patrimoine du village, affirmaient-ils.
La démolition fait aussi des heureux, surtout parmi le conseil municipal de Senneville, dont deux membres ont leur maison voisine au terrain qui accueille la tour. «C’est merveilleux», a commenté mardi dernier le maire de Senneville, George McLeish. «Très peu de gens sont venus, depuis. À ce temps-ci de l’année d’habitude, des gens s’aventurent à cet endroit chaque nuit. La semaine avant sa destruction, je crois que la police avait donné 24 contraventions.» La sécurité faisait partie des préoccupations du conseil, l’endroit n’étant pas tellement sécuritaire, surtout la nuit, lorsque des gens qui ont bu décident de monter la tour, confiait le poste de quartier 1 au journal au mois d’octobre dernier.
En 2001, Senneville avait tenté de faire paraître la tour au registre des biens culturels, une demande avait été envoyée à Québec en ce sens. La réponse est venue l’automne dernier, et la réponse a été négative. «En effet, l’intérêt de cette tour d’eau est d’ordre régional. Construite entre les années 1892 et 1905 et liée à l’histoire de James Morgan, riche propriétaire foncier à Senneville au tournant du XXe siècle, elle est un élément important dans l’histoire de la municipalité de Senneville et témoigne de l’intérêt de la bourgeoisie pour les activités horticoles. (…) Nous tenons à vous assurer que, même si nous n’envisageons pas le classement de la tour d’eau, nous vous encourageons à entreprendre des démarches de sensibilisation et de mise en valeur de ce patrimoine intéressant», pouvait-on lire dans la lettre du ministère de la Culture des Communications et de la Condition féminine envoyée au maire.