Arrêter de fumer, une cigarette à la fois
Après toutes les campagnes de sensibilisation sur les méfaits de la cigarette, 22% des Québécois continuent à fumer. Dans l’Ouest-de-l’Île, un endroit vient en aide aux fumeurs adultes qui veulent écraser. Les ados en manque de nicotine sont quant à eux montrés du doigt.
Alors que nous célébrons le 31 mai la Journée mondiale contre le tabac, quelques initiatives ont été entreprises dans la région. Infirmière clinicienne au Centre d’abandon du tabac de l’Ouest-de-l’île à Pierrefonds, Céline Bastien a traité 228 fumeurs l’an dernier. Très flexible, le centre offre des consultations individuelles ou en groupe à ses clients de la région selon leur disponibilité. «Le plus important, c’est la motivation du client à arrêter de fumer», affirme Mme Bastien. Elle ajoute : «la dépendance à la cigarette est très psychologique». Gratuits, les services offerts aux fumeurs dans les centres d’abandon du tabac sont donnés par des professionnels qui détiennent des formations spécialisées en arrêt tabagisme. Sans consultation, les fumeurs ont de 8 à 10% des chances de délaisser la cigarette. Si ceux-ci entreprennent une consultation, les chances de réussite doublent à 20%.
Toutefois, cela se complique du côté des plus jeunes. Il est effectivement interdit au Centre d’abandon du tabac de prescrire des médications aux mineurs, l’endroit s’adressant plus à une clientèle adulte.
La cigarette dans les écoles
À l’école secondaire des Sources, l’animateur de vie spirituelle et d’engagement communautaire, Marc Saint-Louis mentionne qu’un sondage sur le tabac a été distribué, le 22 mai, aux 1300 élèves de l’établissement. «L’idée est d’avoir l’heure juste sur le nombre de fumeurs à l’école» indique M. St-Louis. Où est-ce que les jeunes prennent leur argent pour s’acheter des cigarettes? Ont-ils la permission de leur parent? Connaissent-ils des gens qui fument dans leur entourage? Réalisé en partenariat avec Santé Canada et l’Université de Montréal, les résultats de l’enquête devraient être connus d’ici six semaines et dévoilés aux parents en septembre.
De son côté, la directrice adjointe des secondaires 4 et 5 de l’école Félix-Leclerc, Elyse Pouliot note «il y a à peine 200 fumeurs sur les 1200 élèves de l’établissement». Depuis 2006, la Loi sur le tabac interdit à quiconque de fumer sur le terrain d’une école. Une situation qui pousse certains élèves à fumer sur le trottoir de l’école ou dans les parcs.
Rencontrés sur l’heure du midi, une dizaine d’élèves arborant l’uniforme de Félix-Leclerc fumaient calmement la cigarette au parc Seigniory à Pointe-Claire. «J’ai commencé à fumer il y a un an avec des amis», clame Josh, 18 ans. Lui qui a déjà joué au football admet ne plus pouvoir en raison d’un manque de souffle. Son ami, Dragos, a récemment été initié à la cigarette. «J’ai commencé à fumer à l’hiver avec des amis et c’est devenu une habitude. Je pense que mes amis et moi avons tous essayé d’arrêter, mais ça n’a pas fonctionné» affirme le grand gaillard de 16 ans. Se joignant à la conversation, Michel, 15 ans, a commencé à fumer en bas âge, alors que son père grillait des cigarettes devant lui. Se justifiant d’être venu fumer au parc, Michel déplore : «Il n’y a rien à faire à l’école les midis, alors ont vient ici».
Selon l’Association pulmonaire du Québec, le taux de tabagisme chez les jeunes Québécois de 15 à 19 ans se chiffre à 17%, soit 84 000 adolescents.