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Un héritage à repenser

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 6 octobre 2006 à 14:10
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Un héritage à repenser
Le directeur de la Fondation du patrimoine religieux du Québec, Jocelyn Groulx. Photo Jacques Pharand (Photo: Patrimoine 06-10-08-28)
Un héritage à repenser
Les paroisses ferment, les églises sont transformées en condos. Du Québec catholique d’autrefois, il reste un patrimoine riche... et méconnu. Que nous racontent les pierres, témoins des siècles passés? Voici le quatrième article d’une série sur les legs religieux de l’Ouest-de-l’Île.
Bientôt, le toit du clocher et de l’église de Saint-Joachim à Pointe-Claire aura besoin de réparations majeures. Voici le genre de projet que soutient la Fondation du patrimoine religieux du Québec, qui a pignon sur rue dans les locaux du Grand Séminaire de Montréal.
«Le patrimoine religieux, c’est un dossier majeur. Il y a au moins 3 000 lieux de culte au Québec, sans compter les presbytères, les couvents... Souvent, l’église est au cœur du village. C’est dans bien des cas le bâtiment le plus important, avec son clocher et sa stature», affirme le directeur de la fondation, Jocelyn Groulx. «Les Québécois ont mis beaucoup de ressources pour construire ces bâtiments-là. C’est fait par des architectes de renom, il y a des œuvres d’art importantes.» L’histoire d’un village est liée à ces bâtisses.

Les problèmes sont les mêmes partout: les églises prennent de l’âge, les paroissiens aussi. Dans les années 80, le gouvernement aide de façon ponctuelle plusieurs résidants à réparer leur vieille église. La Fondation du patrimoine religieux, qui fête ses 11 ans d’existence cette année, est née parce qu’on voulait un programme à l’échelle de la province. Il regroupe plusieurs traditions religieuses propriétaires de bâtiments historiques: église unie, anglicans, etc. Le programme n’est pas seulement accessible pour les catholiques.

Le cas de Montréal est spécial. La ville aux milles clochers mérite bien son nom. «À l’époque du Cardinal Léger, de 1950 à 1968, on construisait sept églises par année. Il y a beaucoup, beaucoup d’églises des années 1950 et 1960 à Montréal», affirme Jocelyn Groulx. Sur l’Île, il y a plus d’églises construites de 1945 à 1975 que d’églises antérieures à 1945!
Recyclage d’églises
Le verdict est sans appel: il y a trop d’églises au Québec pour le nombre de pratiquants qui occupent les bancs. Que faire avec toutes ces bâtisses en trop? Le dossier est délicat, voire émotif. «Les gens comprennent bien qu’il va falloir fermer des églises… mais pas la leur !», image Jocelyn Groulx. Les cas d’églises transformées en condos ont frappé l’imaginaire, comme dans la Petite Italie à Montréal. Ce n’est pas la voie qu’emprunteront la majorité des églises, juge le directeur. Les couvents par contre sont plus susceptibles de finir en résidences. «Il y a des enjeux importants liés aux couvents parce que certains sont situés sur des vastes propriétés», explique le directeur. Ces propriétés sont susceptibles d’attirer les promoteurs, comme c’est le cas pour le bâtiment des soeurs Sainte-Croix situé près du parc-nature du Cap-Saint-Jaques, comme le révélait Cités Nouvelles il y a quelques semaines.
Entre autres préoccupations de la Fondation, le recyclage des vieilles bâtisses religieuses. L’organisme a d’ailleurs organisé un colloque à l’UQAM sur ce sujet. «Ce qui est souhaitable quand il faut transformer une église, c’est de garder une fonction communautaire, sociale. Qu’elle reste un lieu de rassemblement public.», affirme Jocelyn Groulx. Par exemple, le cas de l’église presbytérienne de Farnham, qui est devenue une salle de spectacle. Ou encore, la première église de la paroisse Saint Monica à Montréal, qui est une bibliothèque depuis 1959.
Le verdict est sans appel: il y a trop d’églises au Québec pour le nombre de pratiquants qui occupent les bancs.

Photo Jacques Pharand

(Photo: Patrimoine 06-10-08-28)

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