La vingtaine de gens assis sur les bancs de l’école Harfang-des-Neiges sont tous là à temps plein, et par choix. Ils se réunissent chaque matin de la semaine pour apprendre à lire et à écrire.
(Photo: Alphabétisation 06-10-15-26)
Photo: Stéphane Brunet
La classe de l’espoir
Les cours d’alphabétisation pour adultes de l’école Jeanne-sauvé déménagent!
Dans la classe d’alphabétisation pour adultes de l’école de Pierrefonds, une jeune mère parle de ses motivations. «En étudiant ici, j’aide mes enfants et je m’aide moi-même», affirme-t-elle. Elle souhaite aider son fils à faire ses devoirs et en apprendre suffisamment pour intégrer le marché du travail.
La vingtaine de gens assis sur les bancs de l’école Harfang-des-Neiges sont tous là à temps plein, et par choix. Ils se réunissent chaque matin de la semaine. Ce cours est donné par le centre pour adultes Jeanne-Sauvé, ils avaient lieu dans les locaux de Resto-Vie depuis plusieurs. Le programme s’adresse aux personnes qui ont moins de neuf ans de scolarité.
«Dans la classe, il y a des gens de tous les niveaux. Certains ont besoin de commencer par la base: l’alphabet, les syllabes…», explique leur professeure, Thérèse Caya. Elle est aidée dans sa tâche par des bénévoles, pour fournir un enseignement qui convient à tous. Chacun à leur rythme, les étudiants se préparent pour les cours de niveau secondaire, mais surtout, ils deviennent plus autonomes. «Certains parents viennent ici avec des prescriptions. Ils ne sont pas capables de les lire», explique l’enseignante. Passionnée, elle connaît bien tous ses élèves et elle en parle avec cœur. Parmi eux, beaucoup de femmes. Le Centre Jeanne-Sauvé et les organismes du quartier travaillent main dans la main pour trouver des places de garderies aux enfants dont les mères étudient.
Retour et courage
«Je ne suis pas vraiment allée à l’école dans mon pays. Ça fait peut-être deux ans et demi que j’étudie ici, et je suis rendue au niveau quatre. Apprendre à lire, ça a changé ma vie», explique une jeune femme du programme. Tous les étudiants de la classe acquiescent, l’autonomie qu’ils viennent chercher ici vaut les heures de travail investies. «Je ne dépends plus de mon époux pour lire une lettre, par exemple», affirme une autre participante. S’il y a beaucoup de jeunes immigrants et des mères de famille immigrantes, il y a aussi des gens à qui le système scolaire québécois n’a pas convenu. Chaque histoire est unique.
La transition des locaux de Resto-Vie vers l’école publique de Pierrefonds s’est bien passée, selon la directrice d’Harfang-des-Neiges, Diane Cardinal. «Ces élèves aident beaucoup. Lorsque nous avons eu besoin de remplir le bac à sable, par exemple, ou pour faire du bénévolat durant les petits-déjeuners… Cette classe pourrait avoir un impact pédagogique dans l’école, nous pouvons apprendre d’eux, en discutant. Nous avons des élèves en difficulté d’apprentissage. Les adultes peuvent donner des pistes et nommer ce que les enfants ne peuvent pas nommer», affirme Diane Cardinal.
De son côté, Thérèse Caya dit avoir beaucoup appris au contact de ses étudiants. «Certains ont vécu des choses très dures.» Elle parle des femmes qu’elle a côtoyée : «Des mères de famille extraordinaires qui ont le courage de retourner sur les bancs d’école et qui font cet effort tous les jours.»
«Apprendre à lire, ça a changé ma vie.»
Une jeune participante de la classe d’alphabétisation à l'école Harfang-des-Neiges
(Photo: Alphabétisation 06-10-15-26)
Photo: Stéphane Brunet