La Société de sauvegarde de la mémoire de Félix Leclerc vient d’acquérir la résidence qui a appartenu à Félix Leclerc situé au 186, chemin de l’Anse à Vaudreuil-Dorion. Lorraine Messer, présidente de la Société. Félix Leclerc, estime que la demeure sera ouverte au public à l’été 2008.
Photo: Jacques Pharand
«Trois centaines de livres de clous et vingt tonnes de cailloux(1)»
La maison où a habité Félix Leclerc à Vaudreuil-Dorion ouverte au public bientôt
La maison de Félix Leclerc à Vaudeuil-Dorion sera ouverte au public d’ici deux ans. Le lieu où il a trouvé son inspiration pour «Attend moi ti-gars», «Bozo», et «Moi, mes souliers», deviendra un centre d’interprétation et de rencontres culturelles.
Cela fait six ans que la Société de sauvegarde de la mémoire de Félix Leclerc tente d’acquérir la résidence du 186, chemin de l’Anse. «C’est la maison authentique où il a vécu pendant près de 10 ans, il faut la restaurer pour garder ses mémoires. Félix, ce n’est pas n’importe qui», dit d’emblée Lorraine Messer présidente de la Société. Félix Leclerc a habité le coin autour des années 1946 à 1967, dans deux maisons différentes. La première a été démolie en 2002, n’étant pas protégée par la Ville en vertu de la loi sur le Patrimoine culturel. Il a découvert la région avec ses collègues de théâtre Les compagnons de Saint-Laurent. Il aurait même composé «Le p’tit bonheur» dans la salle paroissiale de Vaudreuil en 1948.
«C’est tout d’abord un terrain(1)»
En 2000, un comité a été formé dans le but d’acheter la maison. «Au départ, il y avait Michelle Dupuis, Gaétan Jean et Mélanie Leclerc, la petite-fille de Félix, mais elle n’est pas restée dans le projet», explique Mme Messer. En 2001, des pourparlers étaient entamés avec le propriétaire des lieux, M. Craig. «On a tenté de l’apprivoiser, mais il demandait 2 millions de dollars», se souvient-elle. Le décès du propriétaire cette année-là a pratiquement fait avorter la corporation. «La Société a été latente pendant deux ans, le temps de savoir qui reprendrait la succession. On se demandait si on allait survivre», renchérit la présidente. Les négociations ont repris en 2003, cette fois avec l’aide d’un agent immobilier. Finalement, la promesse d’achat a été acceptée en décembre 2005, mais la Société n’a pu investir les lieux qu’en octobre. Mme Messer souhaite que le montant final engagé dans la transaction reste secret. «On a eu des mécènes, Lucie Chagnon et son époux, et par respect pour eux, on ne donne pas les chiffres exacts», se défile-t-elle. Elle mentionne toutefois que la Ville de Vaudreuil-Dorion a accordé 145 000$ et qu’une hypothèque de 300 000 $ a été contractée. Selon elle, la maison a été mise en vente à l’été 2005 au prix de 550 000 $.
Idéalement, le centre d’interprétation serait ouvert au public pour l’été 2008, année qui commémorera les 20 ans de la mort du chanteur. Le conseil d’administration veut donner accès au salon, au bureau et à la chambre à coucher pour le grand public. Une visite sera conçue avec des photos, des textes et des technologies informatiques. Le reste du domaine, dont au moins un bâtiment à l’arrière de la résidence, sera consacré à la location pour des activités culturelles. «C’est ce que Félix voulait faire. C’était un homme très généreux. Il a accueilli de nombreux artistes chez lui : Les Aznavour, Claude Gauthier, Paolo Noël, etc. On veut faire préserver la mission culturelle des lieux», renchérit-elle.
«Et un plancher, et un mur de chaque côté(1)»
D’ici là, de nombreux travaux de restructuration sont à prévoir. «La maison est dans un état épouvantable, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur», dit-elle. Le montant pour l’embauche d’un architecte et le coût des matériaux n’est pas encore évalué non plus. «C’est certain qu’on va compter beaucoup sur le bénévolat, lance la présidente. On a besoin de gens pour nettoyer, défaire des murs et entretenir le terrain.» Pour mener à bien le projet, la Société espère recevoir une subvention du Fonds du patrimoine culturel du Québec. La demande sera déposée sous peu.
(1) Paroles Pour bâtir une maison de Félix Leclerc
Photo: Jacques Pharand