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La ruée vers l'ouest

Les jeunes ménages s'exilent

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 24 novembre 2006 à 18:28
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La ruée vers l'ouest
Mathieu Laurin et Sarah Hargrave quitteront Pierrefonds pour aller faire leur nid à Vaudreuil-Dorion, au printemps 2007. Photo Stéphane Brunet
La ruée vers l'ouest
Les jeunes ménages s'exilent
Lorsque Mathieu Laurin et Sarah Hargrave ont cherché une maison à acheter, ils ont trouvé le bonheur à Vaudreuil-Dorion, dans un des nouveaux quartiers qui poussent comme des champignons.
«Nous avons trouvé un lieu qui correspond en tous points à ce que l’on désirait et avec le budget que l’on souhaitait», explique Sarah Hargrave. Son conjoint poursuit: «Nous voulions une maison unifamiliale détachée, avec un grand terrain. Et en plus, on déménage près de la nouvelle station de train.»



Lui est concepteur de niveaux de jeux vidéo chez Ubisoft, elle est spécialiste de fidélisation et rétention à Telus. Ils sont en amour, ils sont dans la vingtaine et viennent d'acheter leur première maison. Comme plusieurs autres jeunes ménages, ils ont choisi de quitter l’Ouest-de-l’Île pour la banlieue ouest, à Vaudreuil-Dorion, même si les deux travaillent à Montréal. Certains vont vers l’Île-Perrot, Rigaud, ou Les Cèdres.



Le couple a grandi à quelques minutes l'un de l'autre, un à L'Île-Bizard et l'autre à Pierrefonds. Ils sont présentement locataires à Pierrefonds. Mathieu reste attaché au coin où il a grandi, L’Île-Bizard. «Je ne veux pas aller en ville, j’aime la banlieue. Ce que j’aime de L’Île-Bizard, c’est la tranquillité. Mes amis sont tous là, ou presque», affirme-t-il. Il est dans le premier de sa bande à devenir propriétaire. «Les problèmes avec les maisons dans le coin ici, c’est qu’elles sont chères. Ou sinon, ce sont des habitations de 50, 60 ans, avec peu de terrain. Ou bien alors, il faut rénover de fond en comble!» Ils déménageront dans leur nouvelle maison au printemps prochain, lorsque celle-ci sera construite.
L’Ouest-de-l’Île, pour qui?
Les nouveaux développements domiciliaires dans l’Ouest-de-l’Île sont-ils adaptés pour les jeunes ménages qui cherchent une résidence? Difficilement. Ils ne sont pas les seuls à trouver inabordable l’achat d’une maison dans la région. «Le marché est mal adapté ici pour des maisons à prix modique, à cause de la valeur des terrains entre autres», affirme Gerry Arsenault, du Centre local de développement de l’Ouest-de-l’Île. «Les gens qui gagnent 10, 12 dollars de l’heure n’ont pas nécessairement les moyens de vivre parmi nous, même s'ils sont deux à travailler.»
Gerry Arsenault donne comme exemple Baie d'Urfé, et son parc industriel. Un grand nombre de ceux qui travaillent dans ce parc n’habitent pas la région, certains viennent d’aussi loin que le centre de Montréal et se tapent le chemin en transport en commun.



Caroline Tison, de Partage-Action, parle de cas de mères devenues familles monoparentales après un divorce. L’histoire souvent entendue, explique-t-elle, c’est que l’homme a un revenu supérieur, et que la femme n'a plus suffisamment les moyens d'habiter l'Ouest-de-l'île après la séparation. Il est donc difficile pour elles de rester dans la communauté, et par conséquent d’envoyer leurs enfants dans l’école d’avant la rupture, près des petits voisins. Louise Hamelin de la Chambre de commerce de l’Ouest-de-l’Île remarque que les condos, plus chers, se construisent bien davantage que les édifices à logements.



Photo Stéphane Brunet

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