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La touche magique

Un professeur de l'école primaire Lalande reçoit un prix prestigieux

Marie-Hélène Verville par Marie-Hélène Verville
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Article mis en ligne le 5 janvier 2007 à 15:59
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La touche magique
Stéphane Côté, en cravate et souliers de course pour recevoir le prix du premier ministre pour l'excellence en enseignement. Photo:Marie-Claude Simard
La touche magique
Un professeur de l'école primaire Lalande reçoit un prix prestigieux
Le 21 décembre, Pauline Samson est arrivée en avance à l'école Lalande, portant dans ses mains le prix que recevra son collègue et ami, Stéphane Côté, professeur de sixième année. Cette dame a soumis la candidature de monsieur Côté au Prix du premier ministre pour l'excellence de l'enseignement.
Elle parle avec affection du jeune homme qu'elle a connu lorsqu'il était au début de sa carrière, à l'école Katimavik. «Il a repris en cours d'année une classe de deuxième année. Six professeurs y étaient allés avant lui. Il a fait un travail admirable. La directrice parlait de miracle!» La professeure Cécile Bourgeault ouvre la porte à sa collègue. Elle aussi n'a que de bons mots pour Stéphane Côté. «Il joue de la guitare et invente des chansons pour expliquer les règlements en début d'année», explique-t-elle avec le sourire.

Les officiels arrivent un peu plus tard, et tout ce beau monde passe au gymnase pour la cérémonie. Toute l'école y est pour le bingo de Noël: professeurs et élèves se baladent en pyjama. Commissaire, maire et député y vont de leurs discours, et c'est dans une ambiance chaotique et joyeuse que Stéphane Côté a reçu un des prix les plus prestigieux offerts aux enseignants au Canada. Cette année, il est le seul Québécois dans la liste des gagnants, une quinzaine en tout. Il a déjà gagné plusieurs prix d'excellence en enseignement, le dernier en liste lui donnera un budget de 5 000 dollars pour les projets des élèves.

Un officiel nomme le nom du professeur récompensé. Les jeunes l'acclament haut et fort. L'homme en question s'empare enfin du micro. La salle est tout à-coup plus calme. Instant de silence. Il prend une bille et nomme le prochain numéro du bingo. C'est l'euphorie générale. L'enseignant traverse la salle et des jeunes de tous âges l'arrêtent pour le féliciter. Dans leur regard, on y lit la confirmation de ce qu'avait confié la secrétaire, Céline Allard, un peu plus tôt: Stéphane Côté est un professeur aimé des enfants.
L'apprentissage de la responsabilité
Stéphane Côté est le spécialiste des projets plus grands que nature. Les projets finaux de sa classe ont fait la couverture en 2004 de La Presse et de Cités Nouvelles. Avec ses élèves, le professeur avait, entre autres, créé un simulateur de vol et mis sur pied une mission spatiale. Parmi les sept projets de cette année, on note la réalisation d'un film, dont le scénario, le tournage, le montage et même les effets spéciaux sont créés par les élèves. Dans la classe de sixième année, les jeunes ont droit à une période par jour pour ces activités. «Chaque projet se construit sur l'autre», explique-t-il.
Si la réforme en éducation n'a pas toujours bonne presse, elle se fait voir de façon magistrale dans la classe de Stéphane Côté. «J'ai voulu être le spectateur de mes élèves», explique l'enseignant. «La réforme donne du sens aux apprentissages», croit-il. Ses élèves qui ont de la difficulté en lecture réalisent que cela leur nuit dans d'autres sphères, par exemple. Il souligne l'importance de l'intégration des technologies. «La réalité aujourd'hui, les jeunes ouvrent la télévision, clavardent sur le Net».

Et comment les élèves réagissent-ils? «Ils vivent beaucoup d'échecs au début», affirme le prof. Comme il prépare ses grands de sixième année pour la structure de l'école secondaire, il leur montre l'autonomie. Ils sont donc libres de réussir… ou d'échouer. «Les notes baissent souvent à la première étape, mais ça se règle. Le jeune n'a pas le choix de s'engager à un moment donné.» Le plus bel apprentissage, c'est lorsque l'élève réalise qu'il doit travailler pour lui, pour sa réussite, croit l'enseignant.
«J'ai voulu être le spectateur de mes élèves.»
Stéphane Côté, enseignant

Photo:Marie-Claude Simard

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