Oscar et la dame rose
Au-delà de la maladie il y a l’amour et la vie! Cela, Éric-Emmanuel Schmitt l’avait vraisemblablement compris lorsqu’il a écrit Oscar et la dame rose, en 2002, un texte lumineux joué à maintes reprises un peu partout dans le monde. Un hymne au courage rempli d’espoir à voir absolument, ici mis en scène et interprété par nulle autre que la grande Rita Lafontaine.
D’un côté, il y a les enfants tels qu’on les connaît; turbulents à souhait, petits êtres débordants de cette énergie qu’on dirait renouvelable à l’infini. De l’autre, un envers de la médaille qui paraît injuste et devant lequel on se sent impuissant: les enfants malades. Oscar est l’un d’eux. Âgé de seulement dix ans, il doit se battre contre la maladie alors qu’il ne voudrait, comme tous les autres enfants, que s’amuser avec ses amis. Oscar prie secrètement et il écrit même à Dieu. Ses lettres, Mamie Rose — la gentille dame qui vient lui rendre visite à l’hôpital — les a retrouvées. Elles racontent douze jours de la vie du jeune garçon, des moments tantôt drôles, tantôt poétiques, un récit touchant, mais surtout magique!
Une chance, un cadeau
«Oscar et la dame rose est un texte magnifique d’une grande profondeur. C’est un texte marquant, un véritable coup de cœur, c’est pourquoi j’ai été plus qu’intéressée de jouer les rôles d’Oscar et de Mamie Rose, explique Rita Lafontaine. Il y a une sorte d’osmose entre ces deux personnages; même s’il n’y a que la dame rose sur scène, Oscar est toujours présent, quoiqu’invisible. C’est une chance pour une comédienne de jouer dans une pièce comme celle-là, un beau cadeau!», ajoute celle qui partage également la mise en scène avec François Flamand.
Mais dites-moi, avec une feuille de route comme la vôtre Mme Lafontaine [sa carrière s’étend sur plus de quatre décennies], comment envisage-t-on une pièce comme celle-ci, qui pose le défi d’être seule en piste? Le risque vous paraît-il aussi grand ou les années d’expérience ont-elles apaisé la fameuse angoisse des soirs de premières? «D’abord, oui je suis l’unique interprète sur scène, mais je ne me retrouve pas vraiment seule avec le texte, parce qu’il y a toute l’équipe qui travaille en coulisses qui m’entoure. Et il y a aussi le public qui m’accompagne!», répond la comédienne.
«Avec les années, j’ai compris qu’il fallait être le plus près possible des gens dans la salle. On est souvent porté à penser qu’il y a un quatrième mur lorsqu’on est sur scène, mais j’ai appris, petit à petit, à ne pas fermer ce mur. Et puisque c’est du théâtre et non pas de la télévision, il y a immanquablement cette fébrilité dans l’air quand arrivent les soirs de premières! Vous savez, c’est toujours neuf ce besoin de toucher les gens, de rejoindre le public au meilleur de notre capacité», confie Rita Lafontaine, qui foulera les planches du Théâtre du Vieux-Terrebonne en primeur le 3 février prochain, avant de partir en tournée dans les salles du Québec.
Photo: Laurence Labat