Pierre Marsan vient de faire la tournée du Québec pour entendre plusieurs représentations sur l'intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées.
Photo: Marie-Claude Simard
Plus de personnes handicapées au travail
Consultation publique pilotée par Pierre Marsan
En trois semaines, le député de Robert-Baldwin, Pierre Marsan, vient de faire le tour du Québec sous la barre des -20 degrés Celsius. Avec sa collègue de Maskinongé, Francine Gaudet, ils ont piloté la consultation publique sur l'intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées.
Dans leur périple, ils ont entendu plus de 125 représentations de personnes handicapées, d'organismes communautaires, du patronat et des syndicats. «L'objectif était d'élaborer des moyens pour améliorer l'intégration des personnes handicapées et le maintien à l'emploi pour ceux qui en ont déjà un, ce qui n'est pas toujours évident», a exprimé Pierre Marsan lors d'une entrevue.
Pour faire face au vieillissement de la population, le plan gouvernemental pour l'emploi compte répondre aux besoins grandissants de la main-d'œuvre par une plus grande participation des personnes handicapées au marché du travail. À titre d'indicateur, moins de 55 % des personnes handicapées occupaient un emploi en 2003 contre 75% des personnes sans limitation.
Payeurs de taxes
Outre ces moyens quantifiables, Pierre Marsan retient aussi tous les aspects humains qui ne peuvent être mesurables, mais qui aident les personnes handicapées sur différents plans autant psychologique que physique. «Ce que j'ai vraiment aimé, ce sont certains témoignages de personnes, a-t-il souligné. Parce qu'ils avaient un emploi, ils étaient contents de payer des taxes, ils se sentaient des citoyens à part entière. On n'entend pas ça souvent et ça m'a encouragé à essayer d'améliorer davantage cette loi.»
Contrer les préjugés
Selon lui, le pire des obstacles sont les préjugés qui proviennent trop souvent des collègues de travail. «Il n'y a pas de loi pour régir les préjugés, alors il faut trouver des moyens d'améliorer les attitudes des gens et la meilleure façon, c'est par l'éducation», croit le député. Tout ne va pas si mal tient-il à souligner puisqu'il a aussi entendu de belles histoires de réussite où la présence de personnes handicapées dans certaines entreprises a fait tomber les barrières et a créé de belles complicités.
Des pistes de solution ont été suggérées telles que la possibilité d'offrir de la formation aux personnes handicapées. «Emploi Québec en donne déjà, mais on nous a expliqué que pour tous les emplois dans notre société, ça prend au minimum un diplôme secondaire. Ce n'est peut-être pas aussi nécessaire pour les personnes handicapées. On pourrait alors leur offrir une formation dans un domaine bien précis tel que les chaînes de montage, la traduction en braille ou dans le domaine du recyclage, par exemple.»
Parmi les représentants entendus, certains ont pointé le gouvernement du doigt pour mettre sur pied des campagnes pour combattre les préjugés. Sans nier la responsabilité du gouvernement, Pierre Marsan n'accepte pas tout le blâme et désire que les patrons, syndicats et autres intervenants se mobilisent pour s'impliquer à leur tour dans la sensibilisation.
Synergie
Les résultats de cette consultation reposeront davantage sur des actions incitatives telles que les crédits d'impôt aux entreprises et des comptes personnels pour les personnes handicapées afin qu'elles aient un outil de persuasion. «Nous misons beaucoup plus sur les incitatifs que la coercition. On ne veut pas obliger les entreprises et leur imposer des quotas d'emploi.»
La tournée maintenant terminée, les résultats de cette consultation mèneront à une stratégie nationale pour l'intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées qui sera connu à l'automne 2007. «C'est important pour moi de spécifier que cette consultation était non partisane, nous étions associés à des députés des trois partis de l'Assemblée nationale. Et quel que soit le parti qui sera au pouvoir, nous pensons qu'ils seront liés par le travail que nous avons fait.» Le député libéral se tient donc fin prêt à affronter la prochaine course aux élections. Monsieur Marsan tentera de garder son comté pour un quatrième mandat.
Photo: Marie-Claude Simard