Raconte, Petite
Jouliks signifie voyou en langue nomade de l’Europe de l’Est et c’est le nom qu’a choisi Marie-Christine Lê-Huu pour son drame passionnel, qui a obtenu six nominations au Gala des Masques 2005, dont celui du meilleur texte. Une histoire d’amour et de déchirement d’une grande beauté, racontée avec la candeur et la lucidité d’une fillette de sept ans. Un récit tendre, touchant, troublant, rendu avec intensité et sobriété.
«Jouliks parle de la nécessité, pour une jeune fille, de s’affranchir du regard des autres pour s’affirmer et se définir en tant que personne, entame Marie-Christine Lê-Huu. La Petite nous transporte, du haut de ses sept ans, au cœur de son noyau familial en crise. La passion dévorante de ses parents, le profond désir d’exil et de liberté de son père, les différends entre sa mère et sa grand-mère, les silences témoins de son grand père…Un drame s’est mis en branle dans son univers et la Petite le raconte dans son propre langage», poursuit l’auteure, qui assure également le rôle principal de la pièce.
Un texte prend vie sur scène
Accompagnée des Catherine Bégin, Patrick Goyette, Vincent Leclair et Anick Lemay, Marie-Christine peut compter sur une distribution irréprochable pour appuyer son texte et mettre en valeur ses mots et ses atmosphères. Mais aussi sur une mise en scène tout en subtilité signée Robert Bellefeuille, qui a opté pour une approche simple et chaleureuse seyante à merveille au ton raffiné et naturel de la narratrice enfant. De précieux collaborateurs qui l’ont aidée à donner une âme à la pièce et auxquels elle laisse une grande place.
«Je préfère que mes textes soient mis en scène par quelqu’un d’autre, même si c’est moi qui les ai écrits et que je fais partie des interprètes. Je crois que ça fait partie du travail d’auteur de lâcher prise et de laisser une équipe de gens extérieurs s’approprier le texte, confie Marie-Christine Lê-Huu. J’ai travaillé sur cette pièce pendant plusieurs années, alors il faut que je laisse la place à d’autres visions, qui vont lui permettre de s’ouvrir et de s’humaniser. Ça a été très enrichissant pour moi d’entendre les acteurs et le metteur en scène s’exprimer sur la pièce. C’est venu nuancer le tout, en plus de donner vie au texte. C’est vraiment un beau cadeau pour une auteure!», ajoute la dramaturge et comédienne, également codirectrice artistique du Théâtre les Moutons Noirs et visage derrière le personnage de Tibor, dans la populaire émission pour enfants Cornemuse.
Photo: Courtoisie