Même le CLD n'a pu sauver Resto-Vie
Qui peut se vanter d'avoir autour de la table de son conseil d’administration un ancien maire, une commissaire d’école et conseillère d’arrondissement, deux propriétaires de restaurant de renom et un comptable? Pourtant, cela n’aura pas suffi à donner un second souffle à Resto-Vie.
«Quand ils ont pris ça en main, les dettes étaient autour de 80 000 $ et ils les ont ramenés à 60 000 $, rappelle Claude Jourdain du CLD. C’est admirable ce qu’ils ont fait sauf que chaque semaine, c’était le casse-tête pour payer les salaires et les achats de nourriture.» Le CLD s'est aussi impliqué dans Resto-Vie même si cela ne fait pas partie de son mandat.
Mais dans toute cette histoire, monsieur Jourdain a deux grandes préoccupations. «C’est que les enfants qui n’ont pas à manger continuent d’avoir des repas et que les membres du C.A. qui ont investi leur temps et énergie, […] sortent la tête haute. Ils n’ont pas réussi, mais c’était un défi extrêmement élevé et c'est nous qui les avons embarqués là-dedans parce qu’on pensait que c’était possible», reconnaît-il humblement.
Plus d'un obstacle
Il aura été difficile de voir clair dans les finances de l'organisme, beaucoup d’informations n’étant plus accessibles, confirme monsieur Jourdain. Même avec les meilleures volontés du monde, il est aussi très difficile d’assurer la survie d'un organisme qui a des problèmes de gestion depuis longtemps, des coûts de production élevés, un espace trop grand et des changements fréquents de direction générale.
Claude Jourdain avoue aussi qu'ils ont été à court de temps pour redresser la situation, mais il reste immuable face aux besoins de la communauté. Selon lui, ce qui est impératif pour l'instant, c'est de reconnaître qu’il y a des pauvres dans l’Ouest-de-l’île. «Malheureusement, dans l’Ouest-de-l’île, peut-être qu'on ne veut pas défaire l’image d’une région riche. Ces écoles où il y a des enfants pauvres sont noyées dans des statistiques générales qui montrent un revenu élevé par habitant.»
Réflexions
Resto-Vie a bien ses défauts de gestion, mais les organismes communautaires ne pourront régler à eux seuls les problèmes de société. «Les OSBL peuvent aider, mais si la pauvreté n’est pas reconnue et s’il n’y a pas des choses qui sont discutées avec des gens qui peuvent prendre des décisions à ce niveau, on n'y arrivera jamais», soutient Claude Jourdain.
En attendant que les volontés politiques se fassent entendre, Claude Jourdain ajoute un dernier conseil: «Les groupes communautaires doivent se mettre ensemble au niveau de la sécurité alimentaire pour coordonner leurs efforts, sinon ils ne pourront pas continuer ainsi chacun de leur côté.»