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Les fidèles de Resto-Vie

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Article mis en ligne le 6 avril 2007 à 17:22
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Les fidèles de Resto-Vie
Normand Raymond (lunettes) est entouré de Russel Rebbah (barbe), Robert Magnan et de Lorette Fortin, au premier plan. Photo: Jacques Pharand
Les fidèles de Resto-Vie
Normand Raymond loge une dizaine de personnes qui éprouvent des problèmes de santé mentale à L'Île-Bizard. Les repas de Resto-Vie lui rendaient la tâche plus facile, mais c'était surtout une façon d'encourager la survie d'un organisme qui venait en aide à des enfants.
Dix personnes à nourrir chaque jour, cela demande toute une planification culinaire. Pour 4 dollars et quelques par plat cuisiné, Resto-Vie faisait la livraison trois fois par semaine dans l'immeuble de la rue Charron. Les repas étaient ensuite réfrigérés et réchauffés au moment opportun.

Normand Raymond n'a reçu aucun avertissement sur l'éventuelle fermeture de Resto-Vie. Il a su bien malgré lui que les repas ne viendraient plus. Alors qu'il téléphone pour recevoir sa facture du mois d'avril, on lui annonce que c'est maintenant fermé. «Resto-Vie, c'était le fun parce que ça me faisait sauver du temps pour la préparation des repas, mais aussi pour l'achat de la nourriture», explique le propriétaire qui possède aussi un immeuble à Rigaud où habite une vingtaine de personnes.

D'ailleurs, Resto-Vie y fournissait les repas depuis un an et demi, mais au début mars, monsieur Raymond a cessé d'utiliser les services de l'organisme. Les installations de Rigaud s'y prêtant mieux, il cuisine maintenant sur place en faisant participer quelques pensionnaires, avec rémunération pour services rendus. L'immeuble en question est un ancien couvent transformé en centre de rééducation pour la santé mentale et quatre employés y travaillent.

«Moi, je ne suis jamais dans le trouble, souligne-t-il. J'encourageais Resto-Vie pour que des enfants aient droit à un repas, mais ça ne vaut pas la peine que j'emploie les services d'un autre traiteur. Nous avons économisé 1500 $ par mois en faisant notre bouffe nous-mêmes à Rigaud.»

Dorénavant, les weekends de Normand Raymond seront consacrés aux préparatifs alimentaires de la semaine et il y aura aussi la chasse aux aubaines qui prendra une bonne partie de son temps. Enfin, les repas apprêtés à Rigaud parcourront plusieurs kilomètres pour se rendre à L'île-Bizard.

Photo: Jacques Pharand

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