Le Plan stratégique de développement durable de la collectivité montréalaise: beaucoup de bruit pour rien?
Photo: Jacques Pharand
Un plan qui ne s'est pas rendu dans l'ouest
Le plan stratégique de développement durable de Montréal 2007-2009, peu populaire
Annoncé en grande pompe par Montréal, la deuxième phase du Plan stratégique de développement durable de la collectivité montréalaise a été adoptée par très peu de villes et arrondissement de l'Ouest-de-l'Île.
La phase deux du plan pour le développement durable sera adopté prochainement par les instances de la ville de Montréal. Dans la version parue en 2005, la ville privilégiait 24 champs d'action auxquels les arrondissements pouvaient adhérer. Par exemple: accroître les structures pour l'utilisation du vélo et implanter des mesures d'économies d'eau potable. Le développement durable étant un concept vaste, le plan regroupe pêle-mêle les thématiques de pratiques de gestion responsable de ressources, la qualité de l'air, la réduction des gaz à effets de serre, etc. Dans sa nouvelle mouture, le plan compte 36 actions possibles, soit 12 de plus. «Nous demandons aux arrondissements et aux villes de choisir au moins cinq mesures», explique Alan DeSousa, le maire de l'arrondissement Saint-Laurent et responsable du dossier.
Participe qui veut bien
À l'époque de la parution de la première étape de ce plan en 2005, Montréal ne formait qu'une grande ville, et toute l'île a donc adhéré d'office aux principes du plan de développement durable. Deux ans et quelques défusions plus tard, la donne a changée. L'approche est maintenant participative. Présentement dans l'Ouest-de-l'Île, la ville défusionnée de Beaconsfield et l'arrondissement L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève sont les seuls à avoir fait connaître leur intérêt à une participation officielle. Six autres villes ainsi que l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro manquent à l'appel.
La raison de certains est politique. «Tout ce que Montréal touche coûte deux fois plus cher», se justifie le maire de Dollard-Des Ormeaux, Ed Janiszewski. Tant que le dossier de l'agglomération ne sera pas réglé, il compte impliquer Dollard-Des Ormeaux le moins possible avec la ville de Montréal. «Moins on se joint à Montréal, mieux c'est.» Pourtant, au début de l'année en entrevue avec Cités Nouvelles, ce maire d'une ville défusionnée avait fait preuve d'une certaine ouverture. Il affirmait alors qu'il faudrait que toutes les administrations des villes de la région s'assoient pour régler le dossier de l'environnement ensemble. Un dossier qu'il a qualifié de primordial dans les années à venir.
Mais qu'en est-il de Pierrefonds-Roxboro, qui est pourtant un arrondissement de Montréal? La cause semble plutôt administrative. Rejointe au téléphone, la mairesse Monique Worth affirme que son arrondissement répond déjà aux critères du plan proposé par la ville. «En passant à travers le programme, j'ai vu que nous faisons déjà plusieurs de ces actions. Par exemple, l'encouragement au covoiturage [l'arrondissement a un stationnement incitatif], la réduction des gaz à effet de serre, les points pour ménager l'eau, la création d'un éco-quartier, l'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments [le toit vert du futur centre communautaire], etc.» Si l'arrondissement ne s'est pas engagé de manière officielle, c'est que le document s'est perdu en cours de route. «C'est tombé entre deux chaises», avoue la mairesse.
Alan de Sousa affirme qu'il a fait ce qu'il faut pour inclure le plus grand nombre possible de partenaires. Une rencontre a eu lieu en janvier avec les maires des villes défusionnées. Plusieurs y ont envoyé un fonctionnaire, mais certains adhèrent, comme Côte-Saint-Luc et Mont-Royal. «Les villes et arrondissements pourront y adhérer n'importe quand en cour de route», affirme monsieur DeSousa. Heureusement, car pour l'instant, sur la liste officielle fournie par Montréal, seuls huit arrondissements ont emboîté le pas. Il faut dire que cette liste ne compte pas les participants retardataires, comme Beaconsfield et L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève, justement.
Photo: Jacques Pharand